Une situation de tension qui n’est pas nouvelle.

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La période de dépôt des listes est pour les coalitions en présence, une occasion d’en découdre exactement comme ce que les lutteurs et le monde des arènes appellent les ‘’avant-premières’’, c’est-à-dire ces moments de signature de contrats où chacun jauge l’autre, le provoque pour le déstabiliser afin de tirer maximum profit du combat futur.

Sauf qu’ici, on est en matière électorale et il y a deux arbitres. Le Premier, c’est l’administration incarnée, ici, par la Direction générale des élections (Dge).

Celle-ci reçoit les listes des candidats et examine leur conformité au code électoral, c’est-à-dire le respect des délais et des conditions exigées notamment le parrainage, la parité, etc.

Le second juge est le Conseil constitutionnel qui reçoit, dans les vingt-quatre heures après notification du rejet des listes, les recours pour éventuellement, confirmer ou infirmer la décision administrative de rejet.

Or, aujourd’hui, avec le tohu-bohu observé au niveau des dépôts des listes notamment de la coalition de l’opposition Yewwi Askan qui, d’ailleurs a été rejetée par la Dge, les contestations montent d’un cran. Les deux camps, celui du pouvoir et de l’opposition la plus significative se regardent en chiens de faïence et par des conférences interposées se lancent des menaces et autres invectives.

Les tons sont durs de part et d’autre. Et face au rejet de leurs listes, certains leaders de Yewwi répondent par le fait que la liste de Benno bokk yakaar au pouvoir devrait aussi être invalidée du fait d’un excès de parrains. Selon ces leaders, Yewwi qui reconnait désormais l’existence d’erreurs ou d’une erreur matérielle, se défend par le fait que leur liste devrait bénéficier de la même magnanimité.

Pis, la coalition de l’opposition se dit prête à en découdre en déclarant publiquement, qu’elle n’acceptera pas d’être invalidée à Dakar qui est un de leurs fiefs.

Dans tous les cas, elle a choisi de se battre par la voie légale. Le Conseil constitutionnel a été saisi mais cette instance a été aussi été vivement critiquée par cette même opposition qui semble dire qu’elle n’attend pas grand-chose de ce recours.

Du côté du pouvoir, on ne croise pas les bras. Les sorties se multiplient pour dire, en gros, que Yewwi n’a qu’à s’en prendre à elle-même et qu’elle est prête à en découdre.
Une situation de tension qui n’est pas nouvelle. Car, à chaque veille d’élection, les sénégalais ont toujours eu l’impression que le pays ne va pas se relever d’une implosion tellement les tensions sont vives. Mais, à chaque fois, la raison a su prévaloir et le calme revenir même si, parfois, il y a eu pertes en vie humaine.

C’est pour cette raison que ça craint. Beaucoup de sénégalais qui assistent à ces ‘’avant-premières’’ politiques, nourrissent la crainte que le pays ne s’embrase.

En clair, face à des situations politiques complexes comme celle que l’on connait actuellement, il est important que les juges du Conseil constitutionnel travaillent à faire ramener la paix par la sagesse de leurs décisions. Car, c’est sans doute une de ses raisons pour lesquelles on les appelle ‘’les sages’’.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas dire le droit. C’est même souhaitable de se limiter au droit. Mais, il est sans doute important aussi que l’application du droit serve à apaiser les tensions en restaurant le sentiment de justice.

Ici, Yewwi semble avoir violé la loi. Mais elle pointe du doigt ses adversaires de Benno qui auraient fait de même et qui, en vertu de la jurisprudence du Conseil constitutionnel de 2019, concernant le cas Malick Gackou, toujours à les en croire, devrait aussi voir sa liste invalidée.

Qu’à cela ne tienne, nous avons foi en la capacité des uns et des autres à œuvrer pour la préservation de la paix dans notre pays et à l’arbitrage du Conseil constitutionnel.

Et que l’on sache que si le Sénégal avait respecté l’injonction de la Cedeao de revoir la loi sur le parrainage pour des correctifs, on n’en serait pas là.

Or, si l’Etat et les coalitions violent la loi, le droit devient orphelin. Alors, seul le bon sens pourra nous sauver de l’instabilité.

Assane Samb

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