L’Ukraine accuse la Russie d’attaquer les sites utilisés pour les exportations de céréales

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Volodymyr Zelensky a accusé mercredi la Russie de “délibérément” cibler les infrastructures utilisées pour les exportations de produits agricoles ukrainiens, quelques jours après l’expiration d’un accord crucial sur le sujet.
 
Après une deuxième nuit consécutive de frappes russes sur Odessa, un port stratégique sur la mer Noire, le président ukrainien a accusé les troupes russes de viser “délibérément les infrastructures de l’accord sur les céréales”, grâce auxquelles l’Ukraine pouvait exporter sa production cruciale pour l’alimentation mondiale.
 
Selon le ministère chargé de la Reconstruction de l’Ukraine, “les terminaux céréaliers et les infrastructures portuaires” des ports d’Odessa et de Tchornomorsk ont été attaqués, “les silos et les quais du port d’Odessa” ayant par exemple été endommagés.
 
Soixante mille tonnes de grains, qui auraient déjà dû être exportées dans le cadre de l’accord mais attendaient dans le port de Tchornomorsk, ont notamment été détruites, a déploré le ministre ukrainien de l’Agriculture, Mykola Solsky.
 
Le Parquet général ukrainien a estimé qu’il s’agissait de “la plus grande attaque” russe sur la région d’Odessa. Celle-ci a fait au moins 12 blessés, a dit son gouverneur, Oleg Kiper.
 
Selon Kiev, des missiles de croisière Kalibr, des drones explosifs Shahed mais aussi des missiles antinavires Onyx et Kh-22, plus rarement utilisés par Moscou, ont été envoyés, principalement sur la région d’Odessa.
 
Berlin et Paris ont condamné les attaques, la diplomatie française jugeant que Moscou fait peser “un risque irresponsable sur la sécurité alimentaire mondiale” et la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, assénant que les bombardements russes “frappent les plus pauvres du monde”.
 
L’armée russe, de son côté, affirme avoir visé “des sites industriels militaires, des infrastructures pour le carburant et des dépôts de munitions de l’armée ukrainienne”, sans lien avec les exportations de céréales.
 
“Patrouilles” en mer Noire 
 
La suppression du couloir pour les exportations céréalières ukrainiennes et l’intensification des attaques ont en tout cas déjà fait grimper les cours des céréales, les prix du maïs et du blé ayant augmenté de 5% en deux jours même s’ils sont encore éloignés des pics du printemps 2022, après le début de l’invasion russe.
Le Kremlin avait averti mardi de nouveaux “risques” en mer Noire après la suspension de l’accord sur les céréales, qui permettait de transporter de façon sécurisée les produits agricoles ukrainiens, malgré le conflit et le blocus des ports ukrainiens par la marine russe.
 
Le lendemain, la Russie a martelé qu’elle considèrerait dès jeudi les navires en route vers l’Ukraine comme de “potentiels bateaux militaires” et les pays dont ils battent le pavillon comme des parties prenantes au conflit.
 
Moscou a refusé de maintenir cet accord signé en juillet 2022 sous l’égide des Nations unies et de la Turquie, et prolongé depuis à plusieurs reprises, dénonçant des entraves au commerce des engrais et des produits alimentaires russes.
 
En un an, l’accord a permis de sortir près de 33 millions de tonnes de céréales des ports ukrainiens, contribuant à stabiliser les prix alimentaires mondiaux et à écarter les risques de pénurie.
 
Dans un entretien avec l’AFP, un proche conseiller de Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Podoliak, a appelé à la création de “patrouilles militaires” sous mandat de l’ONU en mer Noire pour que les cargos continuent à exporter les céréales ukrainiennes.
 
Parallèlement, cinq pays situés non loin de l’Ukraine – Pologne, Bulgarie, Hongrie, Slovaquie et Roumanie – ont signé une déclaration demandant la prolongation au-delà du 15 septembre prochain de leurs restrictions aux importations de céréales ukrainiennes, estimant que leur afflux à la suite de la levée des droits de douane par l’UE, en mai 2022, menace leurs propres agriculteurs.
 
Avancée russe
Dans l’est de la Crimée, un incendie sur un terrain militaire faisait toujours rage mercredi. Selon le gouverneur russe de cette péninsule annexée, Sergueï Aksionov, il a provoqué l’évacuation des “habitants de quatre localités adjacentes”, soit plus de 2.000 personnes.
 
 
Deux médias russes en ligne, Mash et Baza, proches des services de sécurité russes, ont signalé dans la matinée que des détonations étaient audibles dans la zone depuis plusieurs heures et diffusé des vidéos sur cette affaire.
 
Kiev reste muet et les autorités russes n’ont pas confirmé l’explosion de munitions, tandis que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à la presse que Vladimir Poutine était tenu “informé” de l’incendie.
 
Depuis le début du conflit, l’Ukraine effectue régulièrement des attaques sur la Crimée, une région qui sert de base arrière aux troupes russes dans leur offensive en Ukraine.
 
Lundi, le pont de Kertch, une importante infrastructure routière et ferroviaire reliant cette péninsule à la Russie, avait déjà été frappé par une attaque ukrainienne qui l’avait endommagé pour la deuxième fois en dix mois.
 
Sur le front, les combats se concentrent dans l’est de l’Ukraine où les deux armées se font face. Près de Koupiansk, dans le nord-est, la Russie semble être repassée à l’offensive et a assuré avoir de nouveau avancé d’un kilomètre.
 
Par ailleurs, la présidence sud-africaine a annoncé mercredi que le président russe Vladimir Poutine ne participerait pas au sommet des Brics (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde et Russie) prévu pour fin août à Johannesburg, mettant fin à plusieurs mois de conjectures sur le sujet.
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