l’Etat n’aurait pas respecté les engagements pris auprès des enseignants à travers l’accord du 26 février 2022

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Les nuées noires qui pèsent sur l’organisation des examens dans l’école sénégalaise, dont les premières épreuves débutent le 21 juin prochain avec le Cfee et l’entrée en sixième, sont en passe d’hypothéquer sérieusement l’année scolaire 2021-2022. Quoiqu’une sorte de négociation de la «dernière chance» soit programmée ce jour, lundi 30 mai, entre les syndicats qui menacent de boycotter les évaluations de fin d’année et un gouvernement accusé de ne pas respecter les protocoles signés d’accord partie, le 26 février 2022. Comme en témoigneraient les problématiques augmentations de salaires entrées en vigueur en cette fin mai mais décriées par les enseignants au point de les pousser à recourir encore à la grève.

L es syndicats d’enseignants et le gouvernement se retrouvent encore, ce lundi, pour parler des accords. Le ministère de la Fonction publique les a conviés en effet à une séance de « monitoring », ou selon de partage, ce 30 mai, au siège du ministère des Finances et du Budget. Cette rencontre intervient dans un contexte de nouvelle crise dans l’école.

En effet, avec la fin de ce mois de mai, l’Etat n’aurait pas respecté les engagements pris auprès des enseignants à travers l’accord du 26 février 2022. Les augmentations constatées auraient été largement inférieures à ce qui avait été indiqué dans le tableau récapitulatif. Face à la déception et la colère, les syndicats d’enseignants ont tout de suite déclenché la grève et lancé de nouveaux plans d’action. Après ainsi deux mois d’accalmie, le secteur de l’éducation renouait avec les perturbations. Après le Saemss et le Cusems, ce fut au tour des autres syndicats du G7 (Uden, Sels, Siens, Snelas/Fc, Sels/A) de décréter sept jours de grève totale à compter du vendredi 27 mai.

Dans une déclaration rendue publique, les cinq syndicats ont dit « tenir compte de la situation inqualifiable générée par les actes posés par le gouvernement qui, contrairement à ses engagements, a outrepassé le périmètre imposable et a empiété sur les montants nets annoncés; du désarroi provoqué par l’attitude irresponsable de gouvernement; de la forte attente de leurs mandants qui aspirent à une forte mobilisation dans une dynamique unitaire; de la nécessité de faire face à la forfaiture du gouvernement qui crée délibérément les conditions d’une déflagration préjudiciable du système d’éducation et de formation et au droit à l’éducation».

Dans la même dynamique, les syndicats d’enseignants du G20 ont aussi appelé à une mobilisation pour «faire respecter à la lettre les accords ». La Plénière de ses secrétaires généraux et plénipotentiaires décrétait trois jours de grève totale à compter du mercredi dernier 25 mai et un débrayage ce jour, lundi 30 mai.

De leur côté, le Saemss et le Cusems ont observé les vendredi 27 et samedi 28 mai une grève totale alors qu’un débrayage est envisagé pour aujourd’hui, lundi, et demain, mardi 31 mai 2022 suivi d’une Assemblée Générale. Il faut dire que la colère noire des enseignants grondait depuis l’annonce d’une fiscalisation des revalorisations par le ministère des Finances et du Budget. Selon les enseignants, les sommes annoncées par l’Etat dans le protocole d’accord du 26 février étaient des nettes à percevoir après impôts.

Lors d’une conférence de presse organisée dans la foulée du mot d’ordre quasi général de grève des enseignants, le gouvernement a tenu pour sa part à exprimer sa surprise, face à la réaction des syndicats, affirmant avoir « scrupuleusement » respecté ses engagements. Mais les ministres Abdoulaye Daouda Diallo des Finances, Samba Sy du Travail et autre Mamadou Talla de l’Education nationale ont été vite recadrés par les facilitateurs ou garants des négociations et parmi ceux-ci, on notait l’Unapees d’Abdoulaye Fané et la Cosydep dirigée par Cheikh Mbow. 

Reste maintenant à savoir si les échanges d’aujourd’hui entre l’Etat, via le ministère de la Fonction publique, et les syndicats vont permettre d’arrondir les angles et de sauver les examens scolaires déjà décalés et/ou reportés par le gouvernement, après les mots d’ordre récurrents de grève des enseignants dans le premier semestre de l’année scolaire 2021-2022.

Moctar DIENG

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