Les vérités crues de Abdoulaye Diop, ministre malien des affaires étrangères

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Ingérence et transformation de l’Afrique en terrain de compétition pour les occidentaux, Les puissances étrangères doivent changer de comportement vis-à-vis des pays africains et établir un partenariat qui serait bénéfique pour les deux parties

Les puissances étrangères doivent changer de comportement vis-à-vis des pays africains et établir un partenariat qui serait bénéfique pour les deux parties. C’est l’avis du ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Il juge également que l’Afrique ne doit pas être un terrain de compétition pour les occidentaux. Il était hier, à la seconde et dernière journée du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, Abdoulaye Diop, n’a pas été tendre avec les occidentaux hier, mardi 25 octobre, lors de la dernière journée du Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique. Selon le ministre malien, «il est vrai que l’Afrique a besoin de ses partenaires pour se développer, pour assurer sa sécurité ; mais certains d’entre eux ont plus besoin de l’Afrique». Donc, dit-t-il, «il faut que nous ayons confiance en nous-mêmes, que nous ayons conscience de ce que nous représentons et de notre responsabilité par rapport aux défaillances de l’Afrique, pour pouvoir aussi apporter des réponses appropriées par rapport à ces questions».

Poursuivant son argumentaire, le ministre malien d’ajouter : «l’Afrique ne souhaite pas être un terrain de compétition pour quelque partenaire que ce soit». Il reste convaincu que chacun de ces Etats ne vise que ses intérêts. «L’Afrique n’est pas naïve et c’est normal aussi que les partenaires cherchent leurs intérêts. Mais il appartient aux Africains de pouvoir se positionner, pour développer leurs pays et tirer profits de ces partenariats». Abdoulaye Diop d’affirmer ainsi : «ce que nous souhaitons, c’est de ne pas être un terrain de jeu pour les uns et les autres. Beaucoup aiment la richesse de l’Afrique, mais ne donnent pas la même considération aux Africains», déplore le chef de la diplomatie malienne.

Par ailleurs, le ministre malien des Affaire étrangères et de la Coopération internationale trouve qu’il faut changer le discours narratif envers la jeunesse africaine. «Ceux qui viennent pour se battre pour les richesses africaines, quand les jeunes gens se dirigent vers leur pays, ils sont rejetés. Quand les partenaires agissent avec nous, il faut que les intérêts vitaux des populations africaines soient au centre du débat, avec nos partenaires. Les ressources qu’on présente comme étant les causes des instabilités sont en réalité nos principales richesses», déclare-t-il lors de son intervention dans le cade de la 8ème édition du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, qui s’est tenu, du 24 au 25 octobre 2022, au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) sous le thème «L’Afrique à l’épreuve des chocs exogènes : défis de stabilité et de souverainetés».

Dès lors, l’Afrique doit se faire respecter. «C’est parce que nous avons un héritage colonial et néocolonial qui a du mal à partir. Et, nous avons souvent des partenaires qui sont dans une posture coloniale et qui n’ont pas compris qu’il faut changer de logiciel pour travailler avec les Africains. Il faut venir en partenariat. Avant la souveraineté, l’Afrique demande la respectabilité, le respect. Il faut travailler avec les africains dans la dignité. Il faut que les partenaires considèrent qu’ils ne viennent pas en chasse sur des terres incognitos, mais nous venons travailler avec des gens où chacun doit gagner», assène Abdoulaye Diop.

Fatou NDIAYE 

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