« C’est lui, ce Mame Mbaye Niang, qui devait être aujourd’hui en prison si . . . . »

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« Sénégal, le pays de tous les possibles », tel est le titre d’une contribution que j’ai fait publier au journal Sud quotidien du 26 avril 2017. Oui, le Sénégal est le pays de tous les possibles. Tout peut s’y passer. Tout, jusqu’à l’inimaginable, en particulier depuis le 1er avril 2000 et encore plus, depuis le 2 avril 2012. Je ne m’attarderai pas ici sur ce décret manifestement illégal qui a radié Ousmane Sonko de la Fonction publique ; ni sur ce mensonge grossier, cette grave et lâche accusation qui a conduit à cette plainte bizarre pour « viols répétés avec armes à feux et menaces de mort ».Ni, par ailleurs, sur ces lourds chefs d’inculpation que la justice a utilisés pour enfoncer davantage Ousmane Sonko et de nombreux responsables, militants et simples sympathisants de son Parti. Chefs d’inculpation qui n’ont vraiment rien à envier sur le plan de la gravité à ceux dont les Américains accusaient Oussama Ben Laden de son vivant. Je me suis déjà longuement expliqué sur ces questions-là et de diverses manières.

Celle qui retient mon attention ici, c’est cette plainte-bidon de Mame Mbaye Niang qui lui a permis, avec ses acolytes, d’arriver à leur fin funeste : éliminer définitivement Ousmane Sonko de l’élection présidentielle du 25 février prochain. Pour avoir déclaré que Mame Mbye Niang a été épinglé par le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) plutôt que par l’Inspection générale des Finances (IGF) du Ministère de l’Économie et des Finances dans l’affaire du PRODAC, le protégé du président-politicien – et peut-être de son épouse – a saisi sans tarder l’occasion rêvée pour portait plainte contre l’homme à abattre par tous les moyens pour « diffamation ». Il s’abrite allègrement derrière l’argument facile qu’il ne pouvait en aucun cas être épinglé par un rapport qui n’existe pas : ni de l’IGF, encore moins de l’IGE.

On connaît la suite : l’audience en première instance est vite convoquée – il s’agit quand même de Mame Mbaye Niang. La cible à abattre est condamnée à deux mois avec sursis et une amende – tenez-vous bien – de deux cents  (200) de millions de francs CFA. Il rentre à la maison largement escorté par ses camarades de l’APR. Arrivé à la maison, il monte les escaliers presqu’en dansant. Je me rappelle bien qu’il était habillé en blanc. Face à la presse, il déclare : « Ce dossier n’a rien de politique. J’ai porté plainte contre Ousmane Sonko pour laver mon honneur et pour montrer au peuple sénégalais qu’il a eu tort. Nous avons gagné. Aujourd’hui, il est établi que Ousmane Sonko n’a pas dit la vérité. La justice l’a condamné pour diffamation. On a prouvé à la face du monde qu’il ne dit pas la vérité ». Il ne s’arrête pas là. Sur Twitter, il écrit ceci « Je remercie la justice sénégalaise de m’avoir blanchi suite à l’affaire qui m’opposait contre le sieur Ousmane Sonko. J’en profite pour remercier ma famille, mes amis et tout le peuple sénégalais de m’avoir accompagné et soutenu tout au long de ce combat. Jërejëf. »[1]

Normalement, l’affaire devait se terminer ici, si sa seule préoccupation était de laver son honneur. Il a été blanchi et en a remercié la justice. Mais, à la grande surprise, dès le lendemain, il revient à la charge pour recommander à  Sonko à ne pas déjà jubiler, car il n’était pas encore sorti d’affaire. En d’autres termes, il n’avait pas encore échappé à l’inéligibilité qui était pour eux – lui Mame Mbaye et ses gros acolytes – l’objectif principal de la détestable plainte. La décision de première instance ne leur permettant pas d’atteindre leur fin funeste, ils interjettent appel et l’audience est fixée quinze jours après, si mes souvenirs sont exacts. Quinze jours, alors qu’il y a des appels qui attendent depuis plusieurs mois, voire depuis plusieurs années. Oui, plusieurs années.

On a beaucoup polémiqué sur le juge qui a été choisi pour présider l’audience de l’appel. En tous les cas, l’homme à abattre a été condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis, avec confirmation de l’amende de deux cents (200) millions, pour « diffamation et injures publiques ». Six mois, tout juste ce qu’il faut pour l’éliminer de l’élection présidentielle à laquelle il ne fallait jamais qu’il se présente. Non seulement.  Pendant cinq longues années, il ne figurera pas sur  le fichier électoral et ne sera donc pas éligible pendant tout ce temps. Le Sénégal est vraiment le pays de tous les possibles, surtout avec un homme comme Macky Sall à sa tête pendant douze longues années.

Naturellement, les avocats de Sonko portent l’affaire devant la Cour suprême. Là aussi, on connaît la suite qui était bien attendue : elle confirme la décision de la Cour d’Appel et, avant même le Conseil constitutionnel, la cause était entendue, au grand plaisir du président-politicien, et d’une bonne partie de son entourage, qui partage avec lui la haine sourde qu’ils nourrissent contre Ousmane Sonko. Haine s’expliquant fondamentalement par la peur bleue qu’ils ont que leur pire ennemi devienne président de la République le 25 février 2024. Naturellement, avec tout ce qu’ils/elles cachent, ils/elles feront tout, mettront tout en œuvre pour que même le candidat qu’il aura choisi, ne sera jamais élu. Ils ont commencé d’ailleurs depuis de longs mois, mais ils pourront être déçus, très déçus. Avec tout ce que nous avons souffert depuis le 1er avril 2000, nous permettrons-nous de laisser élire un Amadou qui va assurer la continuité de cette gouvernance meurtrie, jalonnée de bout en bout de scandales aussi graves les uns que les autres ?

Pour revenir à cette plainte-bidon, cette plainte-prétexte de Mbaye PRODAC – il est ainsi appelé de temps en temps arrêtons-nous un peu sur son esprit que nous avons d’ailleurs abordé un peu plus haut. Mbaye PRODAC estime qu’il a été diffamé et qu’il a tenu à laver son honneur, à se faire blanchir. Cela a été fait dès l’audience de la première instance, puisqu’Ousmane Sonko a été condamné àdeux mois avec sursis et il s’en est glorifié. Mais, contre toute attente, il interjette appel avec le procureur de la République. Á quelle fin ? Tout le monde l’imagine : pour faire éliminer Sonko.  Car, combien de fois s’est-il resté muet comme une carpe devant des gens qui sont allés beaucoup plus loin qu’Ousmane Sonko dans ses accusations ? Birahim Seck du Forum civil s’est servi du fameux rapport  dont Mbaye PRODAC prétend qu’il n’existe pas pour faire un gros livre où il l’accable, bien plus Ousmane Sonko. Et au lieu de 29 milliards, M. Seck affirme que ce PRODAC dont on n’entend même plus parler nous aura finalement coûté 36 milliards. Je vais plus loin d’ailleurs que M. Seck en affirmant, jusqu’à preuve du contraire, que le budget du PRODAC est monté jusqu’à 49 milliards[2].

 Le livre de Brahim Seck comme le rapport du PRODAC ont pratiquement fait le tour du monde. J’y reviendrai longuement dans une prochaine contribution, avec des preuves irréfutables à l’appui. En attendant, Mbaye PRODAC est malhonnête. Au moins un an avant qu’il ne se décide à porter plainte contre Ousmane Sonko qui a vraiment bon dos,  des compatriotes l’ont traité carrément et publiquement de voleur, de pilleur de deniers publics, etc. Une vidéo que je détiens par devers moi met côte à côte Cheikh Yérim Seck, Bamba Fall maire de la Médine, Yankhoba Diatara  (Mburu ak soow ne s’étaient pas encore retrouvés), Papa Malick Ndour et un garçon dont je n’ai pas retenu le nom et qui était habillé en bleu. Je résume rapidement ce que les quatre premiers ont dit mais je m’étendrai sur les graves accusations du jeune garçon en bleu.

Pour Cheikh Yérim Seck, « Rapport bi IGF défoone, Mame Mbaye Niang la guenoona tackhal kénèène ». En français : « C’est Mame Mbaye que le rapport de l’IGF a le plus accablé ». Cela veut dire qu’il n’était pas le seul épinglé, mais qu’il l’a été le plus gravement. Pour Yankhoba Diatara, « Mame Mbaye niang a détourné plus de 29 milliards et a démissionné, mais Macky Sall l’a imposé aux Sénégalais ». Bamba Fall, maire de la Médine[3],  n’a été ni tendre avec Mbaye PRODAC, ni avec le procureur de la République. Je le cite fidèlement : « Président Macky Sall, bouné reddition des comptes, da tchiy dem ba djèèkh. Mais président, PRODAC yagoul dé. Rèèw mou manki ndokh, nit mana dem ba sacth lou euppe 20 milliards ?  Mane, li may laadj mooy, ana procureur bi doone tchalle tchalli ? Di nou tankhal samdi ak dimanche. Khanaa daa fébar walla mou dé ? » C’est exactement ce qu’il a dit et je vais essayer de traduire en français, ce qui ne sera pas de tout repos : « Si le président Macky Sall dit qu’il va faire la reddition des comptes, il doit aller jusqu’au bout. PRODAC, c’est encore récent, nous n’avons pas déjà oublié. Comment, dans un pays qui manque jusqu’à l’eau, quelqu’un peut-il se permettre de voler plus de 20 milliards ? La question que je me pose dans cette affaire est de savoir où est le procureur ? Ce procureur qui en faisait des siens et qui nous tympanisait jour et nuit ? Est-il malade, ou peut-être mort ? » Wallaay c’est ce qu’il a dit et je l’ai cité fidèlement. Imagine-t-on un seul instant ces propos dans la bouche d’un patriote ou seulement d’un sympathisant de Pastef !

Passons maintenant aux accusations, aux graves accusations de ce garçon dont je ne retiens pas le nom. ! Je n’arrive vraiment pas à comprendre jusqu’ici pourquoi un seul doigt n’a été levé contre lui. Enfin, voici ce qu’il a exactement dit avec assurance : « Lorsque l’IGF a remis le rapport à qui de droit, Mame Mbaye Niang ou Mbaye PRODAC s’est permis de se justifier avec beaucoup d’hésitation sans pour autant convaincre aucun Sénégalais. Ceci montre encore, poursuit-il, qu’il est au cœur de cette affaire-là et qu’il devra rendre compte ». Et il se pose des questions : « Comment vous pouvez avoir un taux de chômage qui tourne autour de 13% et vous vous permettez de dilapider 29 milliards du contribuable sénégalais ? « ça, c’est irresponsable de sa part », répond-il.

D’autres questions de sa part : « Qui protège Mame baye Niang ? A-t-il des dossiers confidentiels sur le couple Faye-Sall ? L’argent du PRODAC a-t-il alimenté les caisses de la Fondation ‘’Servir le Sénégal’’ ? Pourquoi Mbaye PRODAC se permet de faire chanter le président de la République et la Première dame sur une question d’intérêt national ? C’est inacceptable. Qu’est-ce qu’il cache ? » Dernière question de notre audacieux garçon : « Pourquoi on n’a pas accepté de démissionner alors que le rapport dit clairement qu’il a fauté et que ce sont des fautes lourdes, à l’image d’ailleurs de de nombreuses autres ? »

Je pouvais multiplier les exemples de graves accusations tant orales qu’écrites portées contre Mbaye PRODAC, sans qu’il ne levât pas le plus petit doigt. Il a fallu plusieurs mois ou années après pour qu’il profitât d’un lapsus d’Ousmane Sonko pour porter plainte contre lui pour « diffamation » et « injures publiques », ajoutera-t-on.  Il ne pourra jamais apporter les preuves de ses accusations, puisque ce rapport n’existe pas, se plaisait-il à répéter. Il mentait et savait bien que ce rapport existe, lui-même l’ayant reconnu devant un plateau de télévision, comme le fit d’ailleurs Amadou Ba, alors Ministre de l’Économie et des Finances. Le même Amadou Ba qui le reconnaîtra aussi au moins deux fois devant les députés, à l’assemblée nationale. Mbaye PRODAC se disait que dans tous les cas, si jamais il le brandissait comme preuve devant la Cour, il serait condamné pour recel de documents administratifs. Il ne savait pas le pauvre, ou feignait de ne pas savoir que le rapport comme le livre de Birahim Seck avait fait le tour du monde. Ce rapport avait perdu toute confidentialité et ne devait pas en être revêtu d’ailleurs. Que cacherait-il ? Les conventions, le Protocole, la constitution, le code de transparence et la constitution que j’ai évoqués plus haut nous reconnaissent notre droit inaliénable à l’information et, en particulier, à celle de savoir comment nos maigres finances publiques sont gérées. Que nous cache-t-on avec ce rapport de l’IGF qui devrait, au contraire, nous dire où nous en sommes avec les objectifs alléchants fixés au PRODAC et que sont devenus les 49 milliards dégagés pour atteindre ces objectifs ? Pourquoi ne cache-t-on pas de la même manière les rapports de la Cour des Compte comme ceux, publics, « sur l’état de la gouvernance et de la reddition des comptes » de l’‘IGE ?

Dans ma toute prochaine contribution, je m’évertuerai à vous montrer qu’aucun texte ne justifie qu’on nous cache le rapport de l’IGF et aucun autre qui nous informent sur la manière dont les finances publiques sont gérées. Si les textes les régissant étaient rigoureusement respectés, cette plainte-bidon de Mbaye PRODAC n’existerait pas. Peut-être, et sûrement d’ailleurs, il serait à la place d’Ousmane Sonko qui serait, lui,  félicité, pour avoir joué son rôle.

Je terminerai par quelques questions à l’intention du président-politicien, de ses forces dites de défense et de sécurité, de certains de ses magistrats, de ses autorités administratives et autres hauts fonctionnaires des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Caisse des Dépôts et Consignations, mais aussi de tous mes compatriotes : pourquoi Mbaye PRODAC a-t-il ignoré les Yankhoba Diatara, les cheikh Yérim Seck, les Bamba Fall et surtout ce jeune habillé en jaune dans la vidéo qui l’accusait même de faire chanter le couple présidentiel ? Pourquoi attend-il la première occasion, plusieurs mois après et pour des broutilles, porter plainte contre Ousmane Sonko ? Cette plainte-bidon qui lui vaut cette condamnation le rendant inéligible pendant cinq ans ? Pourquoi laisser Ahmeth Suzane Camara appeler sans cesse à tuer Ousmane Sonko, à aller mettre le feu dans sa maison et le brûler vif lui-même s’il est sur place sans que le procureur ne lève le plus petit doigt ? Pourquoi le laisser toujours se permettre d’accuser le même Ousmane Sonko, devant une journaliste de seneweb.com, d’adultère avec deux jeunes dames respectables de Yewi Askan wi et dont je me garde de citer les noms ici ? Où était alors le procureur de la République, pourtant si prompt à faire arrêter pour beaucoup moins que ça, surtout lorsque le concerné est militant ou sympathisant de Pastef ? Pourquoi ne pas lever le plus doigt devant les injures publiques indécentes d’un Yankhoba Diatara contre le pauvre Ousmane Sonko et sa famille, injures que la décence et le respect pour la famille ne me permettent pas de répéter ici ?

Aujourd’hui, Ousmane Sonko est condamné à la lourde peine que l’on sait, « pour diffamation et injures publiques ». Donc lui, on peut se permettre, et en toute impunité, de tout lui dire et de l’accuser de tous les péchés d’Israël. Comme je m’y suis engagé plus haut, ma prochaine contribution sera dédiée à nos droits inaliénables à l’information qui, rigoureusement appliqués, rendraient pratiquement publics beaucoup de nos rapports dont, en particulier, ceux qui nous renseignent sur la manière dont nos maigres denier sont gérés. C’est Mbaye PRODAC qui pourrait être, qui serait sûrement en prison, plutôt qu’Ousmane Sonko. J’utiliserai tous les arguments à ma portée pour en convaincre le lecteur.

Dakar, le 28 janvier 2024

Mody niang

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