A un petit frère qui déteste l’injustice et à un journaliste courageux et patriote

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Sans surprise, tu attendais ce moment. Point besoin de te souhaiter courage dans l’épreuve, car je te connais, la peur est un sentiment qui t’est étranger depuis les années d’adolescence où nos chemins se sont croisés.

Le destin nous a réunis dans des moments cruciaux où j’ai pu constater ton courage, ton obsession pour la défense des causes justes, ton sens du sacrifice. Cela explique qu’à chaque fois que l’on m’interpelle avec ces injonctions « dis à ton boy de faire attention », je réponds « je ne me fais pas de souci pour lui, s’il pense agir pour la bonne cause, rien ni personne ne le détournera de son chemin ». La proximité ou la distance n’ont pas de prise sur ses combats. Soyez donc son ami ou son ennemi autoproclamé, s’il pense agir pour le bien, il ne se souciera point de vos états d’âme.

Baye Alé est comme ça! Et il le restera. Enfermez-le, il en sortira indemne et continuera son combat. Une révélation pour ceux qui l’enferment aujourd’hui, il vous défendra demain avec la même verve s’il estimait que vous étiez victime d’une injustice, comme il l’a fait hier sur les dossiers manifestement « montés politiquement » impliquant Idrissa Seck, Bara Tall, et tiens Macky Sall, lui-même.

Ça c’était pour « L’Homme », ne vous faites donc pas de soucis pour lui. Parlons du professionnel maintenant. Combien d’informations sensibles et privées te sont livrées et que tu refuses de publier si tu ne les ignores d’ailleurs royalement par éthique personnelle? Tu as raison, la vie sur terre est si courte qu’aucune inimitié même autoproclamée ne vaut qu’on abîme son âme dans les abysses de l’indécence. Pape, le journaliste formé à bonne école (l’ISSIC où j’enseignais à l’époque et où tu venais me chercher déjà, alors que tu étais encore étudiant en sociologie à l’UCAD, pour qu’on aille « casser la croute » dans les restos environnants du quartier Point E, et le groupe Sud Com où tu as fourbi tes armes de journaliste engagé et patriote).

Tes sources confidentielles avec lesquelles tu as passé un « pacte » peuvent rester tranquilles. Tu ne violeras jamais le pacte professionnel qui vous lie. Ce message est aussi pour elles, elles le savent d’ailleurs déjà, ce pourquoi elles te sont restées fidèles depuis plus de 20 ans d’exercice de ton « pouvoir d’investigation » journalistique. Tiens, comme par hasard, au moment où j’écris ces lignes, tu sais que je mène une recherche financée par l’argent public sur la protection des sources confidentielles.

Demain, quand tu sortiras des griffes de tes bourreaux en mal de temps et de lucidité pour ne point sentir la violence symbolique que leu cause l’ignorance du contexte et donc de l’opportunité, je te causerai sur le « principe de Wigmore », et de l’incongruité d’évoquer aujourd’hui contre un journaliste et sur certains sujets notamment, le secret défense ou le secret d’État à l’époque de WikiLeaks et des panama papers, à l’ère de la numérisation générale des sociétés qui consacre l’exigence citoyenne de transparence.

Le paradoxe de nos États frileux est bien là qu’en voulant tout cacher l’on finisse par tout faire voir. Mais il est vrai, petit frère, que l’intelligence de comprendre ceci n’est pas à la portée de tous jusqu’à ce qu’ils en subissent les effets pervers. Fraternellement!
Ndiaga Loum, professeur titulaire, UQO

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