Maam Cheikh

Maam Cheikh

« Ana Khiyàroune mine khiyàrine mine khiyàr » (en vérité, j’ai été choisi parmi une élite qui, elle-même, symbolise un choix des plus significatifs), tel est l’assertion prophétique qui a toujours intimidé l’égo des plus grands hommes de l’humanité.
Les petits esprits ont évoqué là une expression qui trahit toute forme d’humilité, jugeant que nul ne doit tenir un tel discours. D’autres, assez séduits par l’œuvre de l’étoile de Médine, évoquent que les trois choix évoqués-le terme « khiyàr » revenant trois fois-symbolisent cette réalité : Les arabes, « peuple élite » à l’époque de la venue sur terre du fils d’Abdallah et d’Amina, et parmi eux les « Qouraich », tribu portant en son sein le fameux cercle des « Banu Hàchim ». Enfin les grands esprits, eux, plutôt initiés aux démarches en phase avec les réalités essentielles (Haqiqa), interprètent la logique ainsi libellée comme suit : le premier choix relève du fait qu’il soit prophète, le deuxième renvoie à son intégration du comité restreint qu’est « Ouloule Azm Mina Roussoul »-avec Ibrahim, Noé, Moise et le Christ-et enfin le dernier « Khiyàr » donne tout son sens au fait qu’il soit l’élu parmi eux.

« Ana Khiyàroune mine khiyàrine mine khiyàr » (en vérité, j’ai été choisi parmi une élite qui, elle-même, symbolise un choix des plus significatifs), tel est l’assertion prophétique qui a toujours intimidé l’égo des plus grands hommes de l’humanité.

Les petits esprits ont évoqué là une expression qui trahit toute forme d’humilité, jugeant que nul ne doit tenir un tel discours. D’autres, assez séduits par l’œuvre de l’étoile de Médine, évoquent que les trois choix évoqués-le terme « khiyàr » revenant trois fois-symbolisent cette réalité : Les arabes, « peuple élite » à l’époque de la venue sur terre du fils d’Abdallah et d’Amina, et parmi eux les « Qouraich », tribu portant en son sein le fameux cercle des « Banu Hàchim ». Enfin les grands esprits, eux, plutôt initiés aux démarches en phase avec les réalités essentielles (Haqiqa), interprètent la logique ainsi libellée comme suit : le premier choix relève du fait qu’il soit prophète, le deuxième renvoie à son intégration du comité restreint qu’est « Ouloule Azm Mina Roussoul »-avec Adam, Noé, Moise et le Christ-et enfin le dernier « Khiyàr » donne tout son sens au fait qu’il soit l’élu parmi eux.

Benjamin B.Smith écrit : « Il fut César et le Pape réunis en un seul être, mais il fut le Pape sans avoir les prétentions du Pape, et César sans détenir les légions de César : sans armée, sans garde du corps, sans palais et sans revenu fixe. » Quant au tremplin qui a su mener le grand homme, il l’illustre ainsi : « S’il y’a un homme qui a eu le droit de dire qu’il règne par la volonté divine, c’est bien lui puisqu’il a tout le pouvoir sans en avoir les instruments ou encore les supports. » Que d’éloges ont su être faites pour sa personne par des intellectuels !

Chez les mystiques, un chef spirituel digne de ce nom a su trouver une affiliation que les vicissitudes du temps n’ont point atteint, parce que doté d’un sens qui ne peut émaner que d’une inspiration en harmonie avec l’âme, l’intellect étant loin de pouvoir imaginer un tel qualificatif. Cheikh Ahmad Tijany Chérif (rta), puisque c’est de lui qu’il s’agit, face à un groupe d’arabes ayant pour vocation de chanter les louanges de l’envoyé de Dieu, se trouva brusquement attiré par ces vers de Seydatouna Aicha reflètant le personnage du grand homme : « Ta beauté physique  est splendide ! Elle donne l’impression que le très haut n’a pu trouver mieux que de t’associer à ta création, en te demandant tantôt comment est ce que tu voudrais que chacune de tes parties physiques soit. » Avec le sérieux qu’on lui connait, Aboul Abass Ahmada Tijany (rta) transperça du regard les yeux de chacun d’eux, et révéla sa formule à lui pour retracer la personne de Mouhamad (psl) : « Il est l’antimatière par excellence dépêchée auprès de la matière » (Houweul Ghaib Fichahàda).

Mouhamad (psl), c’est l’incarnation de la miséricorde divine. Celui là qui su, bien avant tout le monde, anticiper la moralisation des systèmes. Des crises économiques aux tares de nos modes de gouvernance, en passant par la déformation du sens de la culture, l’absence d’équilibre social ou même une démarche caricaturale dans l’apprentissage de la chose religieuse. On n’incarne pas un coran vivant sans pour autant maitriser ou même contribuer à l’application des orientations du livre saint. Et il y’a que sa conscience est comme un soleil dont les rayons représentent les valeurs pouvant contribuer à l’équilibre de la planète terre. Voila pourquoi le plus grand homme de tous les temps séduit, fascine, intimide ou même gène ceux qui ont suivi son parcours plutôt atypique. C‘est aussi ce qui donne un sens à l’œuvre d’un grand du Mouridisme a l’image de Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul (rta) qui, lui, justifia son attachement au prophète (psl) ainsi : « Je me suis improvisé serviteur de Mouhamad (psl) uniquement pour l’amour que je voue à son être. » Dévouement ne pouvait être plus profond pour un homme qui avoua sacrifier sa personne, son âme, son temps, ses secrets ou, mieux, sa vie !

Maam Cheikh

Chroniqueur

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De ce thème qui nous est offert comme support de méditation en cette 130ème édition du Pèlerinage Marial de Poponguine, nous pouvons nous émerveiller, de prime abord, du riche et fascinant mot de « oui », « amen » (Fiat) que nous voulons dire au Seigneur à la suite de Marie. Parler du « oui », nous sort a priori de l’espace et du temps pour nous mener au cœur de la Trinité immanente (Dieu en lui-même avant l’Incarnation) où le Père dans un « oui » parfait et souverain engendre son Fils unique, en lui communiquant tout son être ; où le Fils lui dit son « oui » éternel en épousant parfaitement sa volonté : « oui, je viens faire, ô Dieu, ta volonté » (He 10, 7) ; où l’Esprit est la personnification de ce « oui » divin comme unité du Père et du Fils avec qui il reçoit « même adoration et même gloire ».

Par ailleurs toute l’histoire du salut ne sera qu’une succession de « oui » qui s’enracinent et s’arc-boutent tous dans le « oui » divin qui, en réalité, donne sens à nos « oui » humains. C’est dans ce sens qu’il faut entendre et comprendre les « oui » de nos prédécesseurs dans la foi, allant de l’histoire des patriarches (et c’est Abraham qui a donné la note par son oui admirable à l’appel de Dieu) à nos pères chrétiens d’hier et d’aujourd’hui, en passant par les juges, les rois-prophètes, les prophètes et les sages. Mais, le « oui » qui, entre tous les « oui », a été plus déterminant et plus majestueux, est celui de Marie, puisque, par lui, le Fils de Dieu s’est fait chair par amour « pour nous les hommes et pour notre salut » ; un amour qu’il a accompli par sa mort sur la croix et par sa résurrection. Quel beau mystère, tout partant du « oui » de la servante du Seigneur : « Je suis la servante du Seigneur. Que tout m’advienne selon ta parole » ! (Lc 1, 38).

Par conséquent, la foi chrétienne ne se conçoit pas sans la présence maternelle et le « oui » de Marie. Car si le Verbe s’est fait chair pour sauver le monde, c’est grâce au « oui » de Marie qui a accepté de collaborer au plan du salut de Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité » (1Tim 2, 4). Un père cappadocien le dit merveilleusement d’ailleurs : « ce qui n’est pas assumé n’est pas sauvé ». Donc Marie est la première croyante à accueillir dans son cœur et dans son corps la Parole de Dieu. Elle est en ce sens, la Mère du Christ et notre Mère par la volonté du Christ, conséquemment, la Mère de l’Eglise. Ce qui nous fait toucher la réalité de la solennité nouvellement instituée que nous célébrons aujourd’hui : Marie, Mère de l’Eglise.

Et cette maternité est à comprendre comme un don reçu du Père qui a choisi pour son Fils une Mère qu’il a prédestinée, en la préservant du péché originel, comme un don du Fils qui nous a donné sa Mère, en s’adressant à nous à travers la personne du disciple bien-aimé : « voici ta mère » (Jn 19, 27) et comme un don de l’Esprit Saint qui a couvert Marie de son ombre et a conçu en elle le Verbe de Dieu. Ce don, ratifié par le « oui » de Marie, a marqué le début de l’Eglise. La liturgie de la solennité de l’Annonciation le proclame dans la magnifique prière proposée sur les offrandes : « Daigne accepter, Dieu tout-puissant, les dons offerts par ton Eglise : elle n’oublie pas qu’elle a commencé le jour où ton Verbe s’est fait chair… ». Rien d’étonnant alors si la présence de Marie est remarquable et remarquée au cénacle et au jour de la Pentecôte qui marque la manifestation de l’Eglise au monde

Pourtant, ce « oui » de Marie, aussi splendide soit-il, n’a pas été prononcé sans difficultés. Pour s’en convaincre, il suffit juste d’observer l’attitude de Marie face à l’envoyé de Dieu : « elle fut très troublée, et elle se demandait… » (Lc 1, 29) ; « comment cela se fera-t-il, puisque je n’ai pas de relations conjugales, s’interroge-t-elle ? » (Lc 1, 34). Cette situation se complique quand on sait qu’elle a été fiancée à un homme, sans parler, qui pis est, du regard et du jugement de sa société qui condamnait durement certains comportements.

Malgré tout, Marie dit « oui » à Dieu et ne cesse de renouveler ce « oui » dans une foi inconditionnelle et une confiance totale. Ainsi, elle devient modèle et soutien de tous ceux qui ont dit « oui » à Dieu de par leur baptême et de par leur vie, et qui contre vents et marées le lui renouvellent chaque jour par leur vacillante fidélité.

C’est alors à juste titre que le peuple de Dieu, dans un chant populaire, s’adresse à la Mère de l’Eglise, implorant son secours et ses suffrages, pour dire, à sa suite, « oui » au Seigneur. Un « oui » qui nous engage tous dans notre relation avec Dieu, avec notre prochain, avec notre environnement et avec nous-mêmes. En effet, ce oui qui devient une réponse à l’amour gratuit de Dieu à renouveler chaque jour, peut être formulé avec ses paroles lourdes de conséquences de Saint Pierre : « oui Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime » (Jn 21, 17).

Ailleurs, ce oui nous fait admirer notre prochain comme notre alter ego : « voici l’os de mes os et la chair de ma chair » (Gn 2, 23) et l’aimer comme un chef d’œuvre divin : « qu’est-ce que donc l’homme pour que tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? Tu en as presque fait un Dieu : tu le couronnes de gloire et d’éclat ; tu le fais régner sur les œuvres de tes mains » (Ps 8, 5-7).

Dans le même ordre d’idées, ce « oui » nous rend responsables envers notre environnement compris comme notre « maison commune » à protéger et à sauver, car « attendant avec impatience la révélation des fils de Dieu » (Rm 8, 19). Enfin, ce « oui » nous tourne vers nous-mêmes, nous faisant tourner le dos aux passions désordonnées de la vie, à la paresse, à la facilité, à la recherche effrénée du merveilleux, pour aller résolument au Seigneur à la suite de Marie et avec elle, la croix devant nous et le monde derrière nous.

En somme, demander à Marie de nous aider à dire « oui » au Seigneur, c’est apprendre à imiter sa vie sainte et à opter de manière radicale pour le Christ que nous touchons et recevons dans l’Eucharistie et les autres sacrements. D’où l’invite du cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la discipline des sacrements : « si nous voulons grandir et être remplis de l’amour de Dieu, il faut planter notre vie sur trois grandes réalités -la Croix, l’hostie, et la Vierge – « trois mystères que Dieu a donnés au monde pour structurer, féconder et sanctifier notre vie intérieure, et nous conduire vers Jésus ».  Et c’est ainsi que nous marcherons résolument sur le chemin de la sainteté qui est la vocation de tout chrétien quels que soient son statut social, sa condition de vie, ses défauts, ses qualités, ses forces et ses faiblesses (Cf. Exhortation Apostolique du Pape François, Gaudete et exultate)

O Marie, aide-nous à dire oui au Seigneur, en répondant avec confiance à son appel et en menant une vie conforme à sa volonté.

Qu’il soit ainsi pour les siècles des siècles. AMEN

 

Dakar Midi

vendredi, 18 mai 2018 23:26

RAMADANERIES: Lis, Au Nom de Dieu !

«  La religion en tant que source de grâce, la religion en tant qu’attitude de la créature à l’égard de son créateur, attitude à la fois raisonnable et raisonnée, la religion en tant que comportement social, puisqu’elle est les trois à la fois, mérite de notre part beaucoup plus d’attention », confie le Tribun de Tivaouane. Une façon assez simple pour Serigne Cheikh Tidiane Sy d’hiérarchiser les dimensions de la religion de Mahomet (psl), celles là qui font que l’on mérite le nom de musulman.

Chez nous, la chose religieuse a finit de verser dans une forme d’adoration parfois dépourvue de lucidité. Quoi de plus inquiétant que de se soumettre à  l’adoration d’une chose que l’on ne connait point à fond ? Au Sénégal, la pratique religieuse a finit de fleureter avec des tendances folkloriques. Même l’histoire sainte est contée avec une logique caricaturale. Heureusement que des guides ont su, de par leurs confréries respectives et un engagement des plus spirituels, enseigner ce qu’il y’a de plus essentiel pour le croyant. Un disciple mouride confie : « Le vénéré Khadimou Rassoul (rta) a toujours soutenu que prier tout en méconnaissant les actes obligatoires et surérogatoires de la prière a pour signification le néant. »

La religion est source de grâce, et le comble pour un croyant, c’est de tenter de trouver là où celle-ci prend place. La grâce divine est aussi bien dans les mosquées que dans les sphères ou l’on commet des actes surérogatoires, c’est-à-dire des choses utiles, raisonnables et justes pour le bien de la communauté. Salomon aimait à prononcer la fameuse formule : « Au nom de Dieu, dont la grâce se trouve déposée aussi bien dans l’infiniment petit que dans l’infiniment grand. » Ce qui signifie indubitablement que le sectarisme commence là ou l’on  tente d’attribuer les bienfaits du très haut à une quelconque lignée ou à une place précise. Ce serait méconnaitre le ciel que de croire qu’il  agirait de la sorte. « La reine d’Angleterre, le champion olympique et la dame vivant de la vente de cacahuètes dans un coin du quartier sont tous nés de la même façon  », rétorque Al Maktoum. S’abreuver de cette source de grâce, c’est surtout prendre conscience de la nécessité de s’adonner corps, âme, esprit, intellect et cœur à…Dieu ! Ces différentes facultés, indépendantes, autonomes et contradictoires, méritent une attention particulière du croyant.

L’attitude de la créature à l’égard de son créateur, cette autre facette de la religion, est ce qui donne à la spiritualité tout son sens. Ce « Dieu en nous », comme aime à l’évoquer le discours philosophique, est sans nul doute la dimension la plus symbolique du Zikr en tant que rappel. Le très commenté verset coranique « Lis, au nom de Dieu » a été interprété par Serigne Cheikh Tidiane Sy en ces termes : « Lire est synonyme d’apprentissage ici. Seulement, il n’y a pas que la quête du savoir qui se doit d’être faite au nom du divin. L’esprit de ce verset stipule que tout ce que le croyant accomplit doit l’être au nom de Dieu. » C’est la fameuse « sacralisation des actes quotidiens », pour ceux qui ont été nourris à la sève de la philosophie d’Al Maktoum !

La religion a une dimension sociale, et la rappeler signifie une forme de dénonciation des comportements allant dans le sens de tuer ces principes qui se nomment solidarité, respect ou encore empathie. Le ciel l’a si bien illustré dans le dernier verset de la sourate la Victoire, en soutenant que les compagnons du Prophète doivent être durs avec les mécréants et compatissants envers eux-mêmes. Entendons par « le coté dur » cette force de caractère qui fait que le mécréant ne puisse nullement bafouer la foi d’un musulman, et la compassion cette formule prophétique : «Est musulman celui qui ne nuit nullement à son frère en foi, aussi bien par son verbe que ses actes. » Cela n’a rien à voir avec les tendances terroristes qui veulent que tout mécréant ou adepte d’une autre religion soit tué, ou encore que l’on prie constamment tout en restant un adepte de la jalousie ou de la haine. Seigneur, toi qui nous a crée, procure trois choses à ce pays :

Fait que notre jeune puisse être accepté

Que la grâce qui en découlera puisse arroser les graines de bonté qui germent dans nos cœurs

Tout en négligeant toute forme de vicissitude qui s’y trouve, afin qu’elle meurt !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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Jacques Mailhot rétorque : « Politicien ambitieux ? Pléonasme. » Pour lui, le politicien ne peut nullement être pénétré des principes qui veulent qu’il puisse anticiper sur un besoin lié à l’équilibre d’un pays. Encore une prise de position qui rappelle que la France n’est point le Sénégal, et que le chef de parti aujourd’hui considéré comme « l’adversaire de taille du régime », avec l’audace qu’on lui connait, aurait crié « Objection », parce que trop ambitieux pour pouvoir accepter qu’une telle assertion puisse être logique.

 Nous sommes le 7 février 2006. La plupart des sénégalais, loin de se soucier des réalités de ce pays, s’installaient avec aisance devant leur écran téléviseur, préférant voir un ballon rond faire l’objet d’envolées de la part d’El Hadj Diouf. Lions et pharaons du football se rencontraient sur un même terrain, et ceci pour la 25e Coupe d'Afrique des Nations. A quelques minutes du coup d’envoi, loin des regards indiscrets, un chef politique était discrètement libéré après 199 jours d’incarcération, parce qu’accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat, en plus d’un dossier aussi médiatisé que celui des chantiers de Thies. Et pourtant, nul ne pouvait prédire un conflit qui l’opposerait à son mentor dans le domaine, maitre Abdoulaye Wade, alors président de la république à l’époque.

C’est le portrait d’un homme qui n’aime rien faire comme les autres. Idy affectionne le jeu d’échec et de la stratégie. Il veut toujours être le premier à jouer sur un registre. L’on se rappelle de sa sortie après la fameuse journée du 23 juin, avec sa formule ainsi libellée : « Nul besoin de nettoyer sous la pluie ». Une façon de montrer que les résistances qui s’étaient illustrées avaient déjà dignement porté le combat. Et que dire du 19 avril, suite aux manifestations sur la loi pour le parrainage ? L’homme a préféré « offrir à ce jour symbolique » sa pièce de monnaie, avec pour pile un engagement plutôt risqué qui lui valut d’être arrêté, et pour face un coup de projecteur médiatique obtenu avec brio. Qu’a-t-on retenu, sinon qu’il ait été le premier a être retenu pour un combat assez noble ? Un politicien ayant tardivement compris la démarche a tenté en vain d’expérimenter la chose, voulant obliger les forces de l’ordre à le cueillir, ce que ces derniers refusèrent, sous les éclats de rire des journalistes sur place. Comme quoi il ne suffit pas de crier comme un forcené pour s’imposer chez nous, mais de faire preuve d’une certaine stratégie.    

 Comprendre Idrissa Seck, c’est revisiter l’œuvre d’un homme qui jongle avec les styles de leadership en fonction des contextes.  La démarche du meneur semble définir sa façon de diriger un parti politique. C’est simple : il veut changer le Sénégal, a une vision assez claire de ce qu’il souhaite faire de ce pays et de là ou il compte l’emmener, et est prêt à faire face à ceux qui se mettront sur son chemin.

« Ndamal Kadjor » manie le verbe avec aisance. De son gestuel mesuré à sa posture de leader, en passant par son « regard mitraillette » qui balaie d’une traite son auditoire, sa façon d’avoir l’air inerte et de se concentrer quand on l’interpelle sur une question qui l’intéresse en dit beaucoup sur sa personnalité. Le coté sémantique de ses discours illustre « une politique autrement », et définit bien le fait qu’il évite avec tact le « jargon politique » qui définit le mal de la gouvernance chez nous. C’est la force des hommes imprégnés des méthodes les plus efficaces de la Communication Politique, à l’image d’un Macron que le terme « police de proximité » rebutait parce qu’ayant été un échec pour ceux qui il a succédé. Loin de la pensée émanant d’un sage de chez nous qui peint le portrait parfait des gens du Cayor, il tente, bien que philosophe pour les autres, d’avoir l’intelligence de son beau langage.

« Suivez-moi », tel semble être son crédo en tant que leader ! Ce qui définit justement la personnalité du meneur qu’il incarne avec brio. Pour lui, sa conscience est le centre de rayonnement de la solution miracle qui pourrait sortir ce pays du chaos dans lequel il est plongé. Et en tant que pur produit d’une organisation politique d’appartenance libérale, en l’occurrence le P.D.S, il sait être démocratique dans sa façon de manager, en atteste le fait qu’il cite les maintes fois durant lesquelles il consulte ses collaborateurs immédiats, mais aussi coercitif et autoritaire. Sa façon de diriger ne semble point être affilié à l’affection, parce que trop occupé à justifier par la raison toute chose dite ou devant être entamée. A défaut de chiffres et de déclarations parfois gratuites, il sait cacher toute forme d’ambiguïté dans ses propos.  Mieux, il aime à citer ses « prédilections d’un passé récent » comme un devin ayant affaire à des impénitents. Il sait trouver, avec le régime actuel, un jeu favori : écraser avec ironie les néophytes loin d’être préparés à évoluer dans un parti qui a la lourde charge de gouverner ce pays. Leurs imperfections restent les éléments donnant un brin d’humour  à ses sortes de délires pour détendre l’atmosphère face à des militants parfois tendus.

Charles De Gaule disait : «  La politique est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux politiciens. » Idrissa Seck le sait. Par ailleurs, il trouve le moyen de faire de la politique sans pour autant ressembler à un politicien tel qu’il est considéré chez nous, le terme ayant été accouplé à une signification péjorative. Il verse dans les écrits coraniques, cite Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum, narre les récits de Napoléon et revient sur Exodus de Youssou Ndour. L’homme qui évoqua le terme internet pour la première fois lors d’un conseil des ministres élargit, au grand étonnement du Président Abdou Diouf qui demandait de quoi il s’agissait, a plus d’un tour dans son sac.

 Mais tout ceci suffit-il au citoyen sénégalais pour accorder voix et confiance à l’homme ? S’il est vrai qu’il semble apparemment dévoué et que son discours évoque une rupture, il n’en demeure pas moins qu’il fit partie intégrante d’un gouvernement, alors que le sénégalais lambda est comme plongé dans une quête des plus naturelles : un changement symbolisé par une personne pouvant incarner une conscience politique nouvelle. Et c’est la raison pour laquelle des leaders politiques de la trempe de Sonko ou Issa Sall du P.U.R fascine quelques uns. Il s’y ajoute le bal des  injustices avec, au beau milieu de la piste, un état qui valse avec le Maire de Dakar, et qui a fini d’éveiller le coté émotif du peuple sénégalais. Quoi de plus urgent donc pour Idrissa Seck que de promouvoir une pensée politique nouvelle, loin des conceptions partagées avec le régime libéral ? Et si l’homme trouvait le moyen de refuser l’étiquette d’opposant éloigné du front qu’on lui colle ? Que de questions qui triturent sans nul doute les méninges d’aucuns. L’essentiel est de guérir des maux du passé, tel les résultats plutôt insatisfaisants des élections de 2012. Même les triomphes ont besoin d’un bilan digne de ce nom. «  Nous avons gagné la bataille. C’est bien. Mais essayons de comprendre comment… », disait Alexandre Legrand à ses soldats. Une facon assez intelligente pour le stratège de roi de développer des réflexes de succès chez ses hommes.

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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C’est le portrait d’un natif de Sérignac-sur-Garonne en France, présent chez nous depuis 27 ans. Un P.D.G élevé au grade de commandeur de la légion d’honneur au Sénégal en 2001 qui, un jour, manqua de respect, et de la façon la plus flagrante qui soit, à son premier collaborateur, en l’occurrence le Chef de l’état. L’on se rappelle de son attitude qui fleuretait avec un mépris doublé d’un manque de respect inadmissible lorsqu’il cria, dans le cadre du forum organisé par le patronat marocain sur l’investissement : « Macky ! Ca va ? » Voila Gerard Senac ! Comme quoi, la légèreté dangereuse, cette anomalie que les adeptes de la spiritualité considèrent comme étant à l’origine de toutes les vicissitudes de notre temps, a aussi sa place dans le monde du management et de la gestion des entreprises.

 il n’y a que les grands missionnaires qui savent faire montre d’un respect doublé d’une courtoisie mesurée. Mais une attitude comme la sienne ne peut que témoigner de la personnalité de l’homme : un patron-pour ne pas dire leader, ce mot exigeant l’adoption de forces psychologiques remarquables-dont la personnalité témoigne d’une légèreté en termes de gestion et de suivi des projets qui lui sont confiés. Chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du lion, chevalier de l'ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, commandeur de l'ordre des arts et des lettres, ordre souverain de malte de la croix de commandeur « pro Merito Melitensi » et, pour couronner le tout, officier de l'ordre National du Mérite, comme s’il méritait les privilèges accordés par l’état dans le cadre de la présence d’Eiffage chez nous.

C’est le récit tragique d’un génie de l’art musical dont le langage corporel et l’articulation des mélodies avaient fini de s’imposer chez nous. Un confrère de la presse, imbu de la musique du groupe Gelongal, raconte : « Quand sa voix retentissait, elle faisait à la fois vibrer le cœur du peul, fendre la bouche du mankagne et esquisser des pas de danses à la jeune fille mandingue ou diola. » Comme quoi, la passion et le dévouement furent les mots maitres symboles de la carrière de Papis Gelongal,  et ceci jusqu’à ce que la faucheuse frappe fort, dans des conditions qui méritent de crier haut et fort : « Oui pour une collaboration avec la France, sauf que nous ne voulons pas de cette France là ! »

 Pourquoi repeindre les portraits des deux hommes ? Leurs destins ne se sont peut être pas croisés, mais il faut oser avouer qu’Eiffage, société  dont la direction est assurée par Gerard Senac au Sénégal, est comme responsable de ce qui est arrivé. Dans ce domaine précis, nos rapports avec les gens de l’autre coté de la péninsule doivent être revus ? Nous sommes loin de « vauter », comme pour reprendre ce verbe crée de toutes pièces par la publicité pour à la fois vendre des fromages et promouvoir une forme de pensée que le Général de Gaule à laisser comme concept.

 « La France, qui avait l’habitude de nous envoyer de grands missionnaires, ne nous envoie plus que de simples salariés », rétorquait assez souvent Serigne Babacar Sy (rta) de Tivaouane, s’insurgeant ainsi dans un débat qui reste d’actualité. Nos dirigeants, dépourvus à la fois de patriotisme et d’intégrité au sens économique du terme, préfèrent confier les missions les plus prestigieuses qui puissent contribuer au développement à des étrangers qui n’ont d’yeux que pour le profit, et loin de convoiter les valeurs à saluer dans ce domaine.

Ousmane Sembene, en génie du septième art et de la profonde réflexion, laissa cette prophétie à la conscience universelle lors de sa dernière interview: « Le colonialisme animé d’une tendance hégémonique est beaucoup plus acceptable que ce qui se passe présentement. Avant, c’était nos terres qui étaient occupées. Aujourd’hui, ce sont nos consciences qui le sont. » Il s’agit là d’une « chose » qui sévit toujours en afrique francophone. Chez nous, elle fait qu’un chef d’état peine à réaliser des actes concrets parce qu’évoluant sous le joug de la présence de l’étranger dont les insuffisances risquent de faire payer tout un peuple.

Eiffage Sénégal, celle là qui nous avait promis une sorte de « jaillissement de lumière » comme pour évoquer des avancées considérables dans le domaine de l’électricité, peine toujours à éclairer et sécuriser une autoroute dont la chérté du cout du passage et l’obscurité sont d’actualité. L’on se rappelle, il y’a trois années, de Gora Thiam, ce commerçant victime du même sort que Papis Gelongal, parce que mort d’un accident sur l’autoroute à péage. Il avait, en effet, heurté une vache dans une partie non électrifiée de l’autoroute à péage.

Gérard Senac n’avait t-il pas dégagé en touche toute défaillance mettant en cause la responsabilité d’Eiffage ? Qui est il pour pouvoir toujours sortir vainqueur des « cafouillages » les plus injustes dans lesquels s’engouffre son entreprise ? Quoi de plus calomnieux que de faire payer 112.000 de nos francs pour une remorque, une sortie de l’autoroute et un acheminement de la voiture de l’artiste chez lui, alors que l’on sait que son décès remet en cause la négligence de ceux qui gèrent cette autoroute ? Espérons que l’état du Sénégal pourra nous élucider face à cette situation tout aussi révoltante. Le ridicule ne tue plus chez nous, mais la légèreté et l’incompétence, elles, font des victimes. Que la terre soit légère au regretté Papis Gelongal !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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