Maam Cheikh

Maam Cheikh

jeudi, 09 novembre 2017 13:34

KATMIYA DMWM: DISCOURS DE KHALIFA MBAYE

Cheikh Ahmad Tidjani Chérif (rta), en poète à l’inspiration sublime, chante : « Nous avons traversé des éléments indomptables : 1000 océans en fureur. Comment voulez vous que de simples fluctuants aient la capacité de nous lancer des défis ? »

 C’est que le détenteur des privilèges tels la Khatmiyya et la Katmiyya est loin d’être imbu de sa profonde dimension mystique. Il s’agit ici, contrairement à la façon plutôt ridicule pour les néophytes d’interpréter ses dits, d’une prise de conscience de ce qui donne un sens à sa grandeur. Al Maktoum disait : « Tiiterou ak xam sa bopp dou benn ! » (« Une perception de son legs ne doit nullement être assujettie à une logique réfutant toute forme d’humilité !»)

Nous sommes dans la banlieue, à Diamaguene. Des disciples tidianes membres du Dahiratoul Moustarchidina Wal moustarchidaty sont venus commémorer l’élévation du pole de la sainteté au grade de Katmiyya. Suite à une exposition sur les Grands de la Tijanya et une projection de film sur la Tariqa, un exposé du tonitruant Khalifa Mbaye de Tivaouane  a donné tout son sens à l’aspect à la fois spirituel et intellectuel de l’événement. La place a refusé du monde, et l’allocution a su permettre à tout un chacun de saisir le message en question. Il se résume en ceci : quand on a affaire à un pole ayant traversé tant d’éléments indomptables, il demeure indispensable de se donner les moyens d’évoluer dans sa quête spirituelle, avec pour tremplin l’enseignement de son guide, ici Serigne Mouhamadoul Moustapha Sy pour l’auditoire de Khalifa Mbaye. Et Le Responsable Moral de définir la Tarbiya en ces termes : « Le vocable tarbiya coïncide avec la formation en français. Jubiler avant la fin de la formation serait ignorer la nature des choses. »

Oustaz Khalifa Mbaye est revenu sur l’origine de la glorification par son père du geste de Serigne Cheikh Tidiane Sy Al Maktoum. C’est ce jour ou l’autorisation de célébrer le Gamou ne fut point délivrer, et durant lequel il du faire face à l’autorité agissante pour obtenir gan de cause. Et Mbaye Dondé de chanter :

« Djarama Cheikh Ahmad Tidiane

   Yaw mi térale Khoutbou Zamane

   Ababakar ba takh gnou naane

  Yaako geuneule gnari beuteum »

« Gloire à toi Cheikh Ahmad Tidiane

Serviteur Emérite du Maitre du Temporel et du Spirituel

Cheikhal Khalifa Ababakar Sy (rta)

Au point que tu deviennes la prunelle de ses yeux »

 

Le disciple Tidiane se doit de tenter d’évoluer, et ceci à l’image d’un commerçant qui souhaite voir son activité connaitre une ascension fulgurante. Une fois obtenu son « numéro d’identification », assimilable ici au fait de prendre le wird en prêtant allégeance, il lui faut chercher à passer par autant de cycles existant. C’est l’exemple des Saints qui ont eu à découvrir des trésors enfouis dans le tréfonds des sens mystiques de sourates, de versets ou encore de poèmes. Hizbou Seyfi, Hizboul Bakhr, Wassilatoul Mouna (taissir), entre autres…Le tout avec pour intermédiaire son guide et pour « unique interlocuteur » le très haut. Et Serigne Moustapha Sy de s’insurger, cette fois-ci pour interpréter ce passage du verset du trône : « Wasia Koursiyyou Houssamà Wàati Wal Ard » ainsi : « L’envergure de l’Omniscience  d’Allah surpasse de loin celle du Ciel et de la terre. » Et c’est justement ce qui justifie « Walà Ya Oudouhou Khifzou Houmà », qu’Al Maktoum illustre ainsi : « La complexité et les tracasseries rebutent le geste du ciel parce qu’omnipotent. »

« Le scénario du jugement dernier, s’il nous est conté, peut effrayer plus d’un. Il s’apparente au fait d’avoir ses bienfaits comme seuls bagages et de vouloir à tout prix séjourner dans cet hôtel qu’est le paradis, histoire d’échapper à cette prison qu’est l’enfer », conclut le conférencier de talent. Il poursuit : « Et c’est pourtant ce jour qu’a choisit l’inconnu de la nation sénégalaise, Seydil Hadj Malick Sy (rta), pour voir son geste être salué de façon symbolique. Le pole de la prophétie (psl) le conviera aux cotés de ces cinq compagnons émérites, et l’on pourra aussi lui faire porter ce collier aux perles symbolisant la splendeur, au nom de la sagesse tidiane.    

Maam Cheikh

dimanche, 22 octobre 2017 15:15

PORTRAIT DE SERIGNE MANSOUR SALL

L’Homme dresse le portrait d’un héritier atypique dont le parcours devrait inspirer tous ceux qui sont nourris à la sève de l’enseignement de Serigne Abass Sall (RTA). Tout comme ses contemporains, il a eu à effectuer des études coraniques avant de se rendre en Tunis pour des études secondaires puis universitaires sanctionnées par une licence en Théologie. L’Egypte fut aussi sur sa ligne de mire, puisqu’il y effectua une thèse en philosophie islamique intitulée Thèse L’ame Chez Avicenne, et rédigée dans la langue arabe. Il se rendit ensuite chez nos frères de la Métropole. La France, puisque c’est d’elle qui s’agit, accueillit le saint homme qui tint, à la prestigieuse Université de Sorbonne, une autre thèse, cette fois-ci sur le Tidjanisme au Sénégal, sanctionnée par un doctorat en philosophie islamique.

De retour au bercail, il enfourche le cap de Professeur, d’abord à Charles de Gaulle, puis au  lycée Lamine Gueye. Par la suite, il devient Chef de Département de Recherche à l’Institut Islamique de Dakar. Homme de lettres,  il a à son actif des ouvrages de référence dont  les réalités mystiques de Seydina Cheikh Ahmad Tijany (RTA), le soufisme, avantages et inconvénients, actuellement sur le marché, et bientôt un sur les rapports de l’homme avec la civilisation et la religion  (en arabe « Al Insànou Baynal Hadaraty Wadiine »). La Ziara de Nguick se tient annuellement sous son égide. Chaque année, elle demeure  l’occasion pour l’érudit de traiter de thèmes aux dimensions magistrales dans des domaines tels que le Soufisme, l’Unicité de Dieu entre autres.

 

Maam Cheikh

jeudi, 12 octobre 2017 13:50

LA VOLONTE EST LA MERE DES VERTUS

Un grand de la pensée affirme : « La réussite n’est l’apanage ni la dextérité d’aucune race ou civilisation. Seule la volonté de réussir basée sur des méthodes que nous devons adopter compte. » Et il y’a que la volonté, moteur de toute action réussie, est souvent la chose la moins comprise parce que mal décrite. En effet, elle peut être considérée comme un arbre, avec pour racine la motivation, pour tronc l’abnégation et pour branches la détermination, afin que le fruit de la réussite puisse être savouré comme il faut.

Le Sénégalais est passé maitre dans l’art de démotiver son prochain. L’on ne sait pour quelle raison, mais d’aucuns savent transférer leur propres limites et peurs aux autres. Réussir devrait donc commencer par une activation de ce que les anglais appellent des « triggers de la motivation ». II s’agit de se créer un environnement dans lequel seuls les personnes aptes à nous encourager évoluent, mais aussi les éléments en mesure de faire booster notre énergie. Faites la sourde oreille aux autres, jusqu’à ce que vous atteniez votre objectif. Là, vous pourrez revenir vers eux pour les inspirer ! Vous n’êtes nullement concerné par le fait qu’une personne trouve votre rêve « trop exagéré » ou « loin d’être possible », parce qu’il s’agit là d’un reflet de ses limites, non des vôtres pardi !

 

L’abnégation, pour réussir, signifierait sacrifier pas mal de choses. Même dans le domaine de la médecine, l’occident vient de trouver une raison qui demeurait jusque là inconnue. Et le Docteur Back de s’insurger : « Quand nous tombons malade, c’est que nos actions dans la vie quotidienne ne sont pas en adéquation avec nos aspirations profondes. » Ce qui signifie qu’il faut une harmonie entre les objectifs que vous souhaitez atteindre dans la vie et votre programme au quotidien. A force de faire des choses qui n’en valent pas la peine-associées à celles qui comptent-, vous risquerez de devenir otages du temps-, vous savez ce scénario assez fréquent peignant le fait que la personne soit tout le temps entrain de fixer sa montre. A un moment donné, elle n’écoutera plus son corps qui lui rappelle qu’il lui faut « ralentir un peu ». Finalement, il lui faudra tomber malade pour se rendre compte qu’il le fallait. Le sénégalais attend toujours de souffrir pour se remettre en cause. C’est pour cela qu’il est parfois bien de laisser ceux qui font la sourde oreille heurter le mur pour revenir nous écouter.

 

La détermination, c’est cette force qui fait que l’on souhaite faire ce qu’il faut..maintenant ! Vous savez, cet élément qui n’a ni début ni fini-il s’agit de « maintenant » !-, et qui fait que l’on remet en cause l’existence de « l’avenir ». Même les académiciens se sont concertés, depuis bientôt deux décennies, pour  remettre en cause la fameuse formule « l’avenir appartient aux jeunes ». Pour eux, il est urgent de  leur laisser marquer leur temps et maintenant !  Le parent ou ami qui ne cesse de vous dire « kou yagg si teen baak fékk lafa» (à force d’être patient, on finit toujours par triompher) n’est pas du tout dans cette logique. Et un Grand de L’Islam de confier : « Amna gnou yagg thi teen takhouleu djog » (il est des gens dont le fait de rester inerte et en attente rebute).

 Commencez donc par tenter d’atteindre les objectifs que vous vous fixez au quotidien. Là encore, vous serez confronté aux « voleurs de temps », vous savez ces intrus qui viennent boire du thé ou parler football au moment ou vous devez réviser pour un examen, ou encore ces « boute-en-train » de l’entreprise ou de l’atelier qui passe au bureau lorsque vous êtes concentrés sur un dossier dont la validation urge. Les anciens de la vieille ville, Saint Louis, préféraient se couvrir le visage d’un turban et prétexter un rhume, histoire de « chasser cet intrus » qui portait atteinte à leur épanouissement.

Maam Cheikh   

Coach en Développement Personnel

jeudi, 05 octobre 2017 21:56

AU DELA DES PREJUGES

« Vous ne pouvez vous sentir confiant si, à défaut d’écouter votre petite voix intérieure, vous avez vos « antennes » branchées vers l’extérieur.» Cette confidence de Yannick Vérité, ostéopathe de renommée en occident, résume parfaitement bien ce qui freine l’évolution de plusieurs jeunes sénégalais.

 

L’Enfer, C’est Les Autres…Si Vous Le Leur Permettez !

 « L’enfer, c’est les autres », nous dit l’assertion. Cela ne peut être vrai que si l’on accepte que ces « autres » polluent notre vie. Le sénégalais est passé maitre dans l’art de dissuader son prochain de réaliser ses rêves ou encore de se connaitre lui-même. En tant que personnage, ce qui vous détermine est un ensemble de responsabilités et de positions que vous tenez dans la société : le métier exercé, le rôle de parent, frère ou sœur, les centres d’intérêt, etc.

Même avec la plus grosse fortune qu’il soit donné à quelqu’un dans ce monde, un savoir incommensurable, une foi religieuse inouïe, il vous arrivera souvent de sentir que le « moi » que vous êtes réellement fait appel à vous. Là, il vous faudra vous reconnecter avec quelque chose de plus puissant que la richesse, le savoir, le pouvoir, la position sociale entre autres. C’est l’être. Et c’est votre vraie identité. Les plus grands hommes de l’histoire sont passés par là. C’est l’exemple d’Alexandre Legrand qui se lamentait assez souvent du fait qu’il était tout le temps obéit. Ce qu’il vous faut donc, c’est qu’au-delà du personnage que vous incarnez en société, consacrez assez souvent du temps pour « revenir sur vous-même », réfléchir sur vos valeurs, apprendre à apprivoiser vos émotions, être conscient de ce qui vous rend heureux…

 Les autres, c’est cette majorité de gens qui vous jugent sans vous connaitre. Chez nous, même des parents méconnaissent leurs enfants. La raison est simple : ils n’ont pas appris à connaitre quelqu’un. C’est des « je connais mon fils, je le portais sur mes bras », « ma fille a grandit à mes cotés, je l’ai éduqué », jusqu’au jour ou il découvre qu’il s’adonne à des choses qu’il n’aurait point imaginé !

 

 

Refusez Qu’on Vous Colle des Etiquettes !

Le sénégalais sait s’y prendre pour « coller des étiquettes » à l’autre. C’est le cas de beaucoup de jeunes qui se disent timides. Certains d’entre eux ne se rendent pas compte qu’ils ne le sont pourtant pas quand « ca parle foot ou cheveux naturels. » Mais lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur un sujet dans un débat organisé ou de prendre la parole dans un séminaire, ils se renferment dans leur coquille, histoire de remettre la casquette de timide. Pour d’autres, ceci se manifeste par des peurs : peur de se tromper, peur d’être « moins bon » que les intellectuels en lunettes correctrices qui sont sur place, peur de paraitre bizarre en portant telle veste ou robe.

Bob Marley chante : « Ne faites pas de sorte que votre présence soit remarquée, mais que votre absence soit ressentie. »  Passer inaperçu, c’est bien. Mais n’avoir aucun impact ni aucune influence sur la conscience des autres et la marche des choses n’est nullement positif. Cela signifie que vous ne réaliserez pas grand-chose dans votre vie pardi !

 Les étiquettes, ce sont vos proches qui vous les collent ! ll ne faut donc nullement chercher loin pour retrouver vos « autres ». Imaginez que l’un d’entre eux commence par vous dire que vous êtes timide, et ceci depuis l’enfance ou durant l’adolescence. Vous commencerez par vous remémorer ses termes. Vous vous les répéterez à vous et aux autres. Cela finira par se loger quelque part dans votre inconscient, au point de devenir un comportement, un trait de personnalité et plus tard un destin et une vie, votre vie !

Conséquence ? Vous raterez toutes les occasions de vous exprimer convenablement face à un jury pour votre soutenance de mémoire, à un recruteur pour un entretien d’embauche, à une équipe pour présenter votre projet et être financé. Ah ! Ce que vous avez été ignorant d’accepter que cet « autre » devienne votre enfer !

 

Vous Etes Votre Premier Allié !

Battez pour devenir la personne que vous voulez être. Ne laissez pas le collègue de bureau qui ne vous connait pas assez ou l’ami moins ambitieux que vous vous coller des étiquettes. Aucune personne n’est apte à réfléchir sur vous plus que vous ne le faites sur les 24 heures. Quand certains sénégalais-pas tous-vous disent qu’ils pensent beaucoup à votre personne, c’est qu’ils ne le font que pour « remplir un vide », et sans même s’en rendre compte. C’est-à-dire qu’ils n’arrivent pas être heureux seul. Tu es comme l’argent, la nourriture, la santé, etc. Il te faut être à leurs cotés pour qu’ils se sentent heureux ! Tu es un « élément de complétude ». Parfois, il s’entre-cache dans leur volonté de te voir réussir une nécessité de voir leurs soucis se dissiper, puisqu’ils savent combien tu es généreux. Et bonjour les chantages… !

 

Maam Cheikh

Coach en Développement Personnel

 

mardi, 03 octobre 2017 19:08

CHRONIQUE D'UNE INCOMPETENCE ABSOLUE

C’est l’histoire d’un homme dont les prédispositions intellectuelles sont sans nul doute les plus banales que l’histoire politique du Sénégal n’ait connu. Un énergumène tombé du ciel pour s’improviser « ministre du soleil, de la chaleur et des animaux » de ce pays chez nos frères de la métropole.

 

Un penseur sénégalais rapporte : « Il m’est arrivé un jour de séjourner dans un pays, et d’y croiser un marchand de foi qui s’aventurait à interpréter un livre d’un savant de l’islam qui lui était méconnu. C’est là que j’ai su qu’il n’y a rien de plus dur que le fait de vouloir enseigner aux autres ce qu’on ne maitrise nullement. » Et un célèbre dicton du pays hôte de notre cher ministre de confier : « La médiocrité ambitieuse est un spectacle qui prête à rire. » II faut passer maitre dans l’art de promouvoir les ambigüités de la politique politicienne pour spéculer sur les mots, et ceci dans l’évocation d’une urgence telle une opération séduction pour attirer 3 millions de touristes ! A défaut d’intelligence, l’homme en question opte pour l’inconscience, cette sphère ou les interprétations les plus insignifiantes procurent prestige et mérite. Et il y’a qu’en termes d’horreur médiatique, la France est comme favorite. Il ne suffit pas de se faire recevoir dans les plateaux des chaines de télévision les plus prisées chez eux pour se donner de la valeur. Les pionniers du journalisme du pays de De Gaule ne cessent de se lamenter de l’absence de diversité par l’existence d’une « caste médiatique ».

La communication politique risque d’être un domaine assez encombrant, parce que complexe pour quelqu’un qui ne sait nullement argumenter correctement. Mais il faut dire que le pays de Senghor mérite un discours autre que celui-ci, recourant à  l’usage de termes qui choquent lorsqu’ils viennent d’une autorité censée faire rêver des touristes afin que la destination Sénégal soit prisée : « On a le soleil à 12 heures », « on souhaite renforcer notre offre », « Khalifa Sall, c’est un Monsieur qui… », « Le Maire de Dakar a été épinglé »…que nenni !  C’est qu’un Ministre ne devrait tenir un discours qui en vient aux détails. Même un chef de quartier opterait pour une franchise peinte d’une argumentation claire et concise.      

La réplique de Kémi Séba peint un « analphabétisme politique » inconcevable à l’égard de l’homme. Quoi de plus juste suite à la bourde sur la question liée au Franc Cfa, notamment avec l’évocation des pays membres de l’U.E.M.O.A ? Et l’existence de cette jungle qu’il évoque en faisant référence à ce qui justifie son expulsion ne peut nullement être contredite. Et pour ce qui est de l’affaire Khalifa Sall, elle mérite sans nul doute qu’un intellectuel au vrai sens du terme se prononce là dessus. Il n’y a que des esprits butés qui l’évoquent, citant des « lois folles » et des confusions dans lesquelles s’entrevoit l’ambition d’un usurpateur de pouvoir doublé d’un renégat hors pair !

Pour faire renaitre le tourisme dans ce pays, il faudrait commencer par s’imprégner des valeurs qui font qu’il a su rester jadis une destination favorite de plusieurs voyageurs. Au-delà de l’appui au secteur hôtelier, il y’a quelque chose de vraiment essentiel : c’est une convivialité que le temps et ses vicissitudes n’ont point atteint. Et il faudrait recourir à un ministre tout aussi imprégné de la chose pour parler de cet aspect social tout aussi indispensable.

« Le soleil, la chaleur, les animaux et…la culture ». S’il est vrai que les trois premiers peuvent être faciles d’accès, il n’en demeure pas moins que la dernière n’est point de l’ordre des incohérents d’esprit. Il n’y a que les esprits ouverts qui savent évoquer la culture comme catalyseur de la fameuse opération séduction. Quand on souhaite innover en rajoutant une forme de tourisme dite religieuse, il ne faut point méconnaitre la conception de la chose culturelle dans ce domaine.

La culture est synonyme de savoir, de discipline, d’évolution et de sens de l’organisation. Le savoir n’est point du domaine de cet homme, on le sait de par sa démarche qui frôle une maladresse amplifiée par l’incohérence, et surement pas de gouvernants qui ferment une école d’excellence dans une logique politique.

La discipline, elle, commencerait pour lui par le fait de regretter son geste ayant fait l’objet d’altercations à Grand Yoff en pleine campagne électorale, parce que considéré comme une offense au moment de l’emprisonnement de leur digne fils.

L’évolution, quant à elle, devrait avoir pour pierre angulaire la nomination d’hommes aptes à valoriser ce que les sénégalais appelaient jadis « l’image de marque de Senghor », devenue aujourd’hui celle de toute une patrie. Il ne s’agissait pas pour le peuple sénégalais de promouvoir complaisamment l’autorité de l’enfant de Joal, mas plutôt de montrer que l’incarnation de la posture d’homme de culture ailleurs peut soigner la notoriété de ce pays.

Enfin en matière d’organisation, la priorité reste le fait d’associer ses idées à une cohérence et une maitrise du verbe inouïes, si idée il y’a ! Le problème peut quand même être résolu. Il suffira pour le ministre du tourisme, puisque c’est de lui qu’il s’agit, de commencer par reconnaitre cet échec, parce que n’étant nullement à l’aise dans ce poste, et de cesser de vilipender des victimes de l’injustice à l’image de Khalifa Sall. L’incompétence absolue sous toutes ses formes est à comprendre. A moins que notre cher Mame Mbaye Niang, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’ait été inspiré par les premiers vers de notre hymne national. Tant que l’on pincera les koras et frappera les balafons,-que le lion rouge rugira-« les animaux », que « le soleil » brillera sur nos terreurs et notre espoir-« la chaleur »...il continuera à faire des bourdes pardi !

 

Maam Cheikh                                                                                                          

 

 

 

 

 

 

jeudi, 28 septembre 2017 23:21

Amour, Mode d'Emploi

A la demande de mariage de Salomon, la Reine de Saba rétorque : « Il y’a trois urgences qu’il ne faut nullement écarter au préalable pour que notre union puisse voir le jour : nos croyances respectives, puisque vous vouez un culte profond pour un Dieu unique alors que je vénère le soleil, nos différents pouvoirs, puisque vous détenez une posture de prophète alors que j’en suis encore à la chose politique, et un même degré d’affection puisque je ne ressens pas encore de l’amour à  votre égard. » Ils ont finalement été unis par les liens sacrés du mariage. Mais les suggestions de la reine sont d’une portée telle qu’elles peuvent inspirer tous les couples du monde.

 

La foi signifie ici une exigence plus que fondamentale : c’est la compatibilité. ll y’a un cycle de vie bien connu chez nous, c’est celui des couples incompatibles. Un ami, coach de vie et psychologue, rétorquent toujours à ceux qui revendiquent que les contraires s’attirent : «  Bonne chance ! » Au début, c’est des « on ne se ressemble pas, mais l’amour est plus fort que cela ». Ensuite, c’est les tracasseries du genre « à chaque fois que je suis les infos, il suffit que je sorte une seule minute pour, à mon retour, me rendre compte qu’elle a zappé pour suivre des émissions folkloriques ! » Enfin, c’est le retour vers les vieux potes qu’on avait abandonné par manque de temps, croyant que mariage signifiait « être tout le temps avec l’autre au point d’abandonner les siens », du coté des « gran’place » et autres « bancs djakhelé » ! On ne peut nullement aspirer à un bonheur à deux lorsqu’on n’a pas les mêmes centres d’intérêt pardi ! Même en matière de « pouvoir maraboutique » ou même « mystique », l’on préconise toujours le fait de consulter un voyant ou une personne qui s’y connait en termes de prédilections avant tout engagement. 

 Le Pouvoir, c’est les différentes potentialités que vous détenez tous deux. Si Balqis en a parlé à Salomon, c’est qu’elle souhaite voir leurs deux forces, spirituelle et politique, à jamais unis. A chacun son domaine de prédilection. Mor Diama détient un sens des affaires inouï alors que son épouse, Nogaye, a un sens de créativité associé à des compétences remarquables. Ensemble, ils devraient être en mesure d’atteindre des objectifs de réussite économique incommensurables. Mais si celle-ci préfère réaliser ses propres projets, jugeant que sa carrière n’est nullement liée à sa vie de couple, ou encore que celui-là reste « macho », en se disant que les femmes ne sont bonnes qu’a faire la cuisine et à parler mode, bonjour les dégâts ! Il n’y a rien de plus beau qu’un projet en commun, histoire de grandir ensemble, et de voir les rapports se solidifier face aux épreuves.

Enfin il y’a, pour la Reine de Saba, un troisième pilier, c’est l’amour lui-même. Entendons par là les choses les plus essentielles qui font que l’on puisse parler d’union entre deux êtres. Les femmes sénégalaises sont d’un attachement tel dans leur mariage que le champ lexical des termes d’usage chez les mariées reste celui de la vie conjugale : « Sama Goro » (ma belle mère), « Sama Djeukeur » (mon mari), « Sama takkou rakkou djeukeur bi » (le mariage de ma belle-sœur) sont leurs mots-maitres. Par contre, il est difficile de savoir d’un homme s’il est marié ou pas. Par ailleurs, cela n’a aucune incidence sur l’évolution du couple, à condition que la femme accepte de continuer à évoluer, et de ne pas croire que la vie s’arrête au mariage. Autrement, elle finit par devenir, sans s’en rendre compte, le souffre-douleur de son mari.

 Hormis l’attachement, il y’a le désir, c’est-à-dire tout ce qui attire chez l’autre. Ce peut être la vie sexuelle du couple. Cela relève de notre inconscient, car c’est souvent ce qui fait que l’autre nous manque en cas d’absence. C’est le mythe des couples séparés assez longtemps par la distance car, plus on est proche, plus le désir occupe une place de choix dans la vie. Ce qui fait que cela devient difficile de voir les deux êtres se séparer.

Enfin il y’a l’amour romantique. L’on disait assez souvent que ce fut le propre des « toubabs » (occidentaux). Aujourd’hui, les femmes sénégalaises sont devenues des championnes dans ce domaine. Les réseaux sociaux nous servent quelques rares scénarios qui leur font rêver : partages d’images de demande de mariage, avec l’homme agenouillée et la femme émue, le visage rayonnant et les yeux pétillants de joie. Elles ignorent que si Marichou à le temps de danser le « rigou rigou » pour POD, c’est parce que c’est du cinéma ! Autrement, elle serait plutôt préoccupée à resserrer le nombril autour de la poitrine confié par le charlatan du coin des que sa coépouse arrive au foyer.

 

Maam Cheikh

Coach en Développement Personnel

mardi, 26 septembre 2017 01:38

Quand L'Histoire Sainte Se Répéte!

Le gardien du temple s’en est allé ! La fameuse formule qui fait fie d’une répétition de l’histoire a prit forme dans le fief de Mawdo. 2017 a su être le théâtre de « pertes » tout aussi mythiques à Tivaouane, avec le soixantenaire des disparitions d’Ababakar Sy (rta) et d’El Hadj Mansour Sy (rta). A cela s’ajoute ce fameux 15 mars que la conscience collective est loin d’oublier, avec l’annonce de la disparition du Tribun de Tivaouane, suivie 6 mois après de celle d’Al Amine.

Les grands de la Tijanya ont toujours su entrevoir avec une psychologie profonde le cachet que revêt la répétition de l’histoire. Les néophytes et autres « anti-confrériques » auraient évoqué un pur hasard. Ils ignorent que leur démarche frôle une sorte de contradiction destinée à accréditer à une volonté divine une sorte de supputation. Et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy de rétorquer à un athée originaire d’occident prônant que tout est du au hasard : « Le hasard est une épithète parmis tant d’autres. Si vous faites appel à lui, c’est plutôt la volonté de Dieu qui vous répond. »

D’abord, cette volonté divine a fait de sorte que la lignée des prophètes ait ceci de particulier : qu’elle n’ait fait l’objet d’une succession « père-fils » qu’a partir de la venue d’Abraham. Le coran cite Adam, Noé, avant d’évoquer le fameux «  Wa Aala’ Ibrahim ». Et qu’en est-il des saints de la confrérie d’Aboul Abass Ahmada Tijany (rta), si ce n’est qu’après lui et El Hadj Omar Tall (psl), une succession « père-fils » a vu le jour avec Mawdo (psl) ?  L’Homme à la djellaba évoque cette réalité en citant un consensus qui est loin d’être du domaine des esprits rachitiques? Un guide religieux de la cour d’Ababakar Sy a su répondre juste face à la cacophonie : «  Le gouvernement sénégalais a évoqué récemment un remaniement. Nul n’a osé interpeller le Chef de l’Etat pour être informé des personnes désignées, jugeant préférable d’attendre que l’Etat communique sur cela. Pourquoi ne pas en faire autant avec les familles religieuses ? »

Par la suite, cette même volonté divine a fait que les Grands disciples de Cheikh Ahmed Tijany (rta), à l’image d’El Hadj Ibrahima Niasse (rta), de Serigne Abass Sall (rta), d’El Hadj Omar Tall (rta)  ou encore d’El Hadj Malick Sy (rta) soient des princes de la sainteté. Tous ont contribué de la meilleure façon qui soit au rayonnement de l’islam. Le Mystique de Nguick a su pérenniser l’œuvre d’Aboul Abass, l’Anti-Sultan du Fouta a pu répandre l’islam en Afrique de l’Ouest, l’Inconnu de la Nation Sénégalaise a, quant à lui, permis à tout croyant d’être imbu de la profonde doctrine prophétique.

Se rappelant sa dernière rencontre avec Baye Niasse, Al Amine confia à ses disciples, à l’occasion de sa dernière contribution aux  journées dédiées au Sceau de la Sainteté : « Couché sur un lit, un pagne peint de motifs africains en guise de couverture, il me prédit l’intégralité des événements qui allaient se passer dans ce pays, ainsi que les défis qui seront à l’ordre du jour. Il me proposa de choisir comme allié face aux épreuves Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, de ne point frôler la peur, et de m’armer d’un courage inouï.  »  

 Enfin la volonté divine a contribué à faire de sorte que la grandeur des anciens peigne le geste de nos contemporains. Al Maktoum se lamentait assez souvent : « En matière d’invocation, nous maitrisons parfaitement ce qui peut aider le croyant à voir ses vœux se réaliser par la grâce divine. Mais il faut le dire tout de suite : chez nous, les gens préfèrent les manigances du charlatan aux prières du religieux. » Imam Cha’fi i avait toujours préféré, dans ce domaine précis, laisser ceux qui ne pouvaient nullement rester trois jours sans aller voir un voyant, faire cet acte afin de se réconcilier avec eux-mêmes. Pour lui, il s’agissait de « simples d’esprit » qui ne méritaient point le soutien qu’il fallait, psychologiquement parlant, pour se tirer d’affaire.

 Chez nous, les impénitents préfèrent toujours prôner une philosophie tendant à accorder aux précurseurs des confréries du Sénégal une posture assez mythique, tout en considérant leurs héritiers de ce siècle comme étant moins aptes à pouvoir enfourcher le cap de vicaire. Tant s’en faut. C’est cette noblesse à la grandeur incommensurable identifiée chez le Grand Cheikh Ahmad Tijany (rta) qui se distingue également dans le geste délicat d’Al Maktoum. Il n’y a que les époques et les sphères qui ont changé. La conception faite d’une confrérie reste la même. La précision est d’Al Maktoum. L’auteur de «  Fa ileyka », ce poème qu’aimait à chanter le légendaire Mbaye Dondé avec la voix sublime qu’on lui connait, nous confie : « Les confréries sont des clubs mystiques ou se forment continuellement les athlètes de la religion. »  Que le ciel fasse que chaque athlète pusse à jamais rester rigide face aux épreuves, et que sa grâce puisse à jamais servir de lanterne pour éclairer l’œuvre des saints de la Tijaniya, et partant, de toute la Oummah islamique !   

 

Maam Cheikh

 

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