Maam Cheikh

Maam Cheikh

mercredi, 20 septembre 2017 00:00

Gérer Vos Emotions & Réussissez!

Les grands de l’Egypte se réunissent, avec pour ambition d’échanger sur l’ingéniosité qui a fait les pyramides. La question est la même pour tous : comment, sans d’énormes engins, des êtres humains sont-ils parvenus à déplacer des briques d’envergure aussi imposante? Tous finissent par tomber d’accord sur deux faits : les ouvriers en question n’ont été nullement assujettis à des contraintes tendant à les faire travailler de force, et non plus à des éloges magnifiant leurs gestes. Cette démarche de bâtisseurs méconnus de l’histoire est ce qu’il y’a de plus essentiel en leadership : arriver à diriger avec tact et humilité.

Steve Jobs de Apple, Mark Zuckerberg de Facebook, Kabir Mbodj de Tigo ou encore Babacar Ngom de Sedima ont un point en commun : c’est cette faculté tendant à apprivoiser ses émotions, notamment par le développement de ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. C’est ce qui fait la particularité des grands leaders. En affaires, entrepreneur comme employé, vous aurez besoin d’y accorder un grand intérêt, afin d’en faire autant en termes de réussite, mais aussi d’arriver à inspirer les autres.

Le monde a évolué pendant des lustres avec une seule et unique conception : le quotient intellectuel est ce qui détermine la réussite des grands entrepreneurs. Aujourd’hui, la philosophie héritée est tout autre. Ce qui fait, au-delà des diplômes, compétences et titres acquis, que l’on atteigne tout ses objectifs, est lié à la gestion de ses émotions.

Ce qui demeure essentiel dans ce domaine, c’est qu’en plus de savoir ou l’on va, l’on sait d’emblée créer de l’énergie en soit pour y accéder. Etre un leader, c’est savoir se connaitre. Cela passe nécessairement par l’intégralité des techniques qui permettent de se cerner. Se connaitre, c’est s’explorer ! Ce qui passe indubitablement par une conscience de ce qui suscite ses émotions. Un leader, en entreprise, devrait commencer par accorder de l’importance à ce qui le rend stressé, énervé ou même motivé ! Positif comme négatif, ceci demeure crucial ! Nous ne sommes plus à l’ère d’une raison nègre et d’une émotion hellène. Ici aussi bien la raison que l’émotion servent à découvrir sa vraie identité, quelque soit son origine !

Se connaitre est essentiel pour pouvoir passer à une autre étape : avoir confiance en soi. En matière d’affaires, ce sont souvent ceux qui se méconnaissent qui peinent à avoir confiance en eux-mêmes. Un leader au vrai sens du terme sait se créer un « cocon positif » dans lequel il évolue. Cela commence par le fait de bannir les préjugés et croyances qui veulent que l’on ait toujours une conception erronée des réalités à chaque fois que l’on fait face à un défi.

La conscience des autres est essentielle chez le leader. Quoi de plus grave que de vouloir exceller sans tenir compte des autres ? Collègues, associés, fournisseurs, clients, partenaires, employés…ont leur rôle à jouer dans cette évolution du leader que vous êtes. Il y’a surtout l’empathie, qui veut que l’on tienne compte des émotions des autres. Si « créer d’autres leaders » est essentiel pour qui souhaite être influent en termes de leadership, il n’en demeure pas moins qu’une compréhension des moindres gestes de l’autre ferait l’affaire. Cela passe par l’attention, le sens de l’écoute et une dose d’indulgence. Et il y’a l’aptitude sociale, cette faculté qui veut que vous ayez un esprit d’équipe remarquable. Les « groupes » ont des philosophies qui leurs sont propres en fonction de leurs origines, ethnies d’appartenance, croyances religieuses, niveau d’étude entre autres. Il n’y a rien de plus fructueux que le fait de bénéficier d’une diversité dans un groupe, à moins que l’on sache en tirer profit !

 

Maam Cheikh          

mardi, 19 septembre 2017 00:02

Le Bal des Préjugés

Jamais cercle n’a été aussi vicieux que celui dans lequel se retrouvent la politique, le peuple et la presse. Ils s’identifient par l’éternel jeu du chat et de la souris, mais aussi le règne de cacophonies, la mise en scène de joutes oratoires et une suite d’actes posés par des impénitents au vrai sens du terme. Avec pour centre de rayonnement les préjugés, les rapports entre les trois sont comme coiffés de supputations. Les sénégalais accusent le pouvoir d’avoir fait de la politique politicienne un tremplin. Ce dernier pointe du doigt la presse, la considérant comme étant l’auteur d’une caricature plutôt néfaste de la chose politique dans ce pays de Senghor. Au banc des accusés, cette presse justifie son geste par la revendication d’une position de quatrième pouvoir, non sans faire fie de l’horreur qu’elle promeut. Le peuple évoque aussi une désinformation permanente de la part des médias qui, eux, considèrent qu’elles ne font que relater ce que ce peuple est, c’est-à-dire apte à commettre aussi bien les actes les plus nobles que les gestes les plus ignobles. A même de devoir justifier cela, le sénégalais lambda se doit aussi de faire face à ses gouvernants qui, tantôt sollicitent sa voix pour, disent-ils, « continuer à parcourir le chemin de l’émergence », tantôt traitent ses hommes d’action d’oisifs errants.

 Denzel Washington, acteur américain de renommée, accuse : « Quand on suit les médias, on est mal informé. Quand on ne les suit pas, on n’est pas informé. Que faire ? » Le même scénario se déroule en France depuis quelques années déjà. Et le comble est que c’est un ténor de la presse qui prend les leviers de la commande. Ayant marqué l’histoire du journalisme notamment en fondant Marianne & l’Evénement du Jeudi, Jean François Kahn fait fie d’une horreur. Le phénomène s’est en quelque sorte mondialisé. Chez nous, il se justifie d’abord par la disparition de ce qui faisait la force des médias : la diversité. Lecteurs, auditeurs et téléspectateurs ont fini par avoir une conception clanique de la chose. Toute la semaine, la diffusion d’informations dont la fiabilité reste à redéfinir sévit partout-si information il y’a, certaines « choses » devant plutôt être considérées comme des futilités. L’un des quotidiens les plus lus a ceci de particulier dans ses unes : l’usage du conditionnel présent. Là ou un lecteur habitué lit et passe, un averti ne pourrait que douter de la probabilité de l’information. Il s’y ajoute le bal des « ironiques », ceux là qui s’adonnent aux revues de presse. Et pour couronner le tout, à défaut de « Jaakarloo » (échange et dialogue), d’ignobles perturbateurs nous offrent le feuilleton du « Jaamarloo » (confrontation), plateau qui peint tant ben que mal le tableau de la crise de logique. Le Colonel Ndao disait, dans son fameux ouvrage « Pour l’Honneur de la Gendarmerie », qu’il avait choisit, au début des années 1990, de ne point suivre la presse, histoire de ne pas sentir son opinion polluée par de semi-intellectuels champions de la médiocrité et de la désinformation. Le peuple, moins exigeant qu’on le pense, accepte de se voir servir ces horreurs. Mieux, il prend un malin plaisir à voir d’aucuns intellectualiser l’injure, la haine et l’indiscipline. Et un grand penseur de ce pays de déclarer : « Il est plus facile d’être un dispensateur d’injures que d’être un contestataire de vocation. » Chez nous, un dispensateur d’injures à l’image de l’administrateur de D…Tv séjourne toujours dans le pays, alors qu’un contestataire de vocation à l’instar de Kémi Séba a été purement et simplement expulsé pardi !

Un mariage de raison entre politique et presse est loin de voir le jour. Les chefs politiques, au pouvoir comme à l’opposition, voient assez souvent en la presse un ennemi juré. Et c’est parce que les moindres inconvenances dictées de leur part sont souvent exposées au peuple. Il faut cependant convenir que l’horreur va trop loin. C’est le cas de ce quotidien qui titre, en faisant référence à un disparu à l’image de Djibo Ka, un berger qui rejoint un troupeau. Absence de lucidité ou simple médiocrité ? Il faut, dans tous les cas, reconnaitre que les chefs politiques ont souvent raison sur toute la ligne. Une « plume idiote » est assimilable à une arme de guerre dont le tireur est tout sauf lucide. Même les « tir-ailleurs » savaient  s’y prendre avec tact et justesse, ce nom ayant causé un préjudice à l’histoire.  

Enfin la perception que le peuple a de la chose politique est comme erronée. En effet, les mêmes scénarios se répètent depuis plus d’une cinquante d’année, mais la lecture reste la même. Quand on a une réputation d’usurpateur de pouvoir, on a souvent tendance à s’applaudir et à jubiler tout en reculant, ignorant le fait qu’un trou faisant office de piège nous a été creusé par ceux là même qui nous ont élus. Une fois qu’on y tombe, c’est souvent ce même peuple qui en choisit un autre, pour ensuite revenir dans le trou et y faire sortir le précédent piégé, histoire de trouver le moyen de le faire réélire. Il a fallut qu’une douzaine de citoyens meurent pour que les libéraux quittent ce pays et le pouvoir, pour y revenir et être accueillit en héros cinq ans plus tard. Ceux là qui disait de Wade fils qu’il méritait l’emprisonnement pour avoir « mis à vide les ressources communes » ont fini par dire qu’il fallait le faire sortir. Sacré peuple ! Il faut dire que «  Lii gnaani doone bégne la aye seuteume naguou ! »  (ceux qui luttaient jadis contre l’oppression et l’injustice voient leurs héritiers cautionner l’illégitime) ! Le combat continue. Au Peuple d’enlever le « masque social » qui lui empêche de juger avec clairvoyance et de choisir-pas seulement d’élire- avec discernement, au Pouvoir de reconnaitre les tares de sa démarche qui immerge plus qu’elle ne tend à faire émerger les choses, à la Presse de prôner un retour à la diversité et à l’honneur médiatique !

 

Maam Cheikh

vendredi, 15 septembre 2017 15:51

L'Héritage Universel d'Al Maktoum

Il y’a 91 ans, naissait au monde un personnage atypique dont les prédispositions intellectuelles et spirituelles allaient intimider l’égo du commun des savants. Nous sommes à Saint louis, ancienne capitale de l’AOF, communément appelée la vieille ville. Centre de rayonnement de la présence de l’autorité coloniale, elle demeure aussi une cité symbolique en ce sens que différents muftis  s’y côtoient. Le 29 décembre 1925, cette contrée vit venir au monde l’homme que la conscience collective juge aujourd’hui comme «celui qui avait compris », parce qu’ayant prédit le chaos qui peint l’atmosphère du Sénégal actuellement.

On ne présente plus le mythique et mystique Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy. Fils de Sokhna Sokhna Astou Kane et de Serigne Babacar Sy, il fut confié à son oncle Serigne Abdoul Aziz Sy pour son initiation aux études coraniques. Ses contemporains retiennent de lui un apprenant qui n’eut aucun mal à assimiler les écritures coraniques. Dès l’âge de 14 ans, il acheva l’apprentissage des sciences islamiques avant de s’ouvrir à d’autres formes de savoir. Passionné de poésie, il publia son premier livre, un recueil de poèmes intitulé les vices des marabouts alors âgé de 16 ans. Une passion qui fit dire des années  plus tard à Cheikh Abdoulaye Diéye, chef politique et guide religieux, qu’il se sentait émerveillé, en tant que poète, par le style d’Al Maktoum. « Son tout est poésie, de son habillement à son gestuel, en passant par son verbe évocateur. » D’autres ouvrages comme  Le Calif et les Califs, l’Inconnu de la nation sénégalaise ou encore poches trouées vinrent s’ajouter à sa bibliographie.

 

Un Homme d’Affaires Averti

Homme d’ouverture, sa conception de la responsabilité du musulman convaincu s’apparente à une prophétie remarquable : « La religion ne doit pas rendre neutre son sujet aux travaux de réformes mondiales. (…) Apprendre ses devoirs religieux et les mettre en pratique n’exclut nullement les travaux manuels et d’esprit qui conduisent à l’amélioration du sort de l’humanité. C’est là un autre champ qu’il ne faut pas fuir pour aucun prétexte». Voilà pourquoi l’homme à la djellaba s’est toujours illustré comme un personnage atypique parce qu’incarnant de multiples facettes.

Ainsi, il effectua son premier voyage à Paris en 1955. Considérant la pratique d’une activité économique comme une école de la vie, il exerça plusieurs métiers dont celui de transporteur, de commerçant, d’agriculteur, avant d’initier ce qui demeure comme l’instauration d’un empire financier : la Sococim. « Je l’ai mis sur pied par la grâce d’Ababakar SY. Je me suis rendu à une banque européenne ou je pus bénéficier d’un prêt de 16 milliards. L’on m’accorda le privilège de ne fournir aucune garantie, et d’opter pour deux formes de paiement : une période de 7 ans contre une autre d’une quinzaine d’années.  En suivant le conseil d’un proche, j’optais pour le premier.»

 

Une Œuvre Socio-Politique Incommensurable

Sur le plan socio-politique, il fit preuve d’une citoyenneté au vrai sens du terme. Après avoir créé le PSS, il s’engagea dans une lutte sans merci contre l’intégralité des inconvenances dictées çà et là au peuple sénégalais. Et le Calif Ababakar Sy, à la fin des années 50, de plaider pour une position de non indépendantiste, comme s’il avait vu venir le mal. « Je suis français aujourd’hui. Je le serai encore demain. Pourquoi ne pas accorder une double nationalité à un homme doublement colonisé ? », déclara-t-il. Cette suggestion à l’élan réformateur ne fut guère prise en compte par le Président Senghor. «C’est ce qui est à l’origine des tracasseries des nègres en France », rétorqua Serigne Cheikh Tidiane Sy plus tard en 1994.

L’on se souvient encore des manifestations de 1959, et des écrits de Maitre Boubacar Diop, avocat défenseur et secrétaire général du P.S.S : « Par cet acte de lâcheté suprême, le gouvernement ne visait que Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le leader incontesté du PSS ; l’homme qui a eu le courage civique de dire « NON » à Mamadou DIA et à Senghor, l’homme qui est resté debout dans la tempête, l’homme qui a refusé et qui refuse de se soumettre à plat ventre devant le gouvernement des Bénis garde-à-vous!...Cette action est mauvaise, et elle ne fait que traduire le désarroi de nos gouvernements qui prennent leurs rêves et leurs désirs pour des réalités, Le PSS est plus solide que jamais. Il proclame hautement son attachement à la communauté Franco—Africaine, et son adhésion à l’action du général De Gaulle. »  Quelques années plus tard, il fut nommé ambassadeur au Caire. Mission qu’il mena avec la rigueur qu’elle mérite, bien qu’il fut accusé de  «fautes de gestion et d’approchement inquiétant avec les milieux arabo-musulmans » par ceux-là qui lui refusaient sa démarche utile, raisonnable et juste, qu’il s’agisse des autorités françaises ou encore des pro-Français dans l’entourage de Senghor.

 

Un Patrimoine Intellectuel Authentique

En catalyseur de l’équilibre social, Serigne Cheikh Tidiane Sy lança l’Association pour l’Education Islamique en 1955, en plus d’un journal intitulé « islam éternel ». Une initiative à laquelle s’ensuivit une série de conférences, sur les plans politique, social, religieux, culturel et scientifique. Le conférencier de talent pérennisa une telle œuvre, et ceci pendant 56 ans. C’est en effet en 2011 qu’il tint sa dernière sortie publique. Son legs comporte des connaissances intellectuelles qui ne peuvent qu’émaner d’un pôle du savoir à la grandeur remarquable. Il ne s’agit plus seulement de s’initier aux réalités de l’univers, mais de s’intéresser à l’inter-universalité, d’autant plus qu’il cite aussi bien les penseurs de chez nous que ceux de la métropole, mais aussi les forces de l’autre galaxie, et avec eux l’intégralité des « espaces intermédiaires » pour peindre la grandeur de l’œuvre de l’existence du maitre des cieux.

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », nous dit la conception chimique la plus connue des adeptes de cette branche de la science. Une logique applicable sur le plan mystique pour une raison assez simple : Nous n’avons nullement crée Al Maktoum, il fut un cadeau du ciel pour la race humaine. Nous ne  l’avons pas non plus perdu, puisque son œuvre s’est érigée en conscience qui puisse servir de tremplin à l’humanité. Ce qu’il faut donc transformer doit résulter d’une concrétisation de ces enseignements, au nom de la sagesse musulmane.

Maam Cheikh

mercredi, 13 septembre 2017 20:25

Lettre A Mon Défunt Frère Jupiter

Cher Frère,

 

Cela fait aujourd’hui trois mois que tu quittas ce monde. Ta source d’inspiration, le fameux tribun de Tivaouane-dont le coté plutôt ubuesque de la disparition 3 mois avant la tienne t’avait foudroyé comme un vent violent l’aurait fait avec une feuille tombée en printemps -, rétorquait à ses contemporains que la mort est un centre d’intérêt à la fois scientifique et mystique. Je méconnais l’aspect scientifique de la chose, si ce n’est uniquement l’usage de l’eau de rose pour le bien du corps enseveli. Mais ce qui est sur, c’est que les mystiques ont toujours considéré notre rapport aux morts comme quelque chose de vraiment symbolique. Seydil Hadj Malick Sy (rta) disait de ce lien sacré qu’un rideau tout aussi léger fait office de frontière entre morts et vivants. Le Khalif Ababakar Sy (rta) va plus loin en personnifiant une forme de « complicité » entre une lettre et un timbre.

Tout ceci demeure pour moi un prétexte, histoire de donner du sens à mon geste. Voila pourquoi je me donne le droit de t’écrire. Chez nous, on enterre les morts, on pleure et prie pour leur effacement, et on les oublie par la suite. J’ai voulu communiquer avec toi. Ma plume  demeure le seul élément dont je dispose pour cela.

 Tu es parti. Laissant derrière toi une famille toujours perplexe à l’idée d’y croire. Les yeux du père ne te voient plus. Les oreilles des sœurs ne t’entendent plus raconter des blagues comme tu fus habitué à le faire. Mais les esprits peinent à croire en ta disparition. Notre père se porte bien. Cependant il peine à cerner ses sentiments : un gout d’amertume et de tristesse mélangé à une sorte de fierté de te voir partir avec les conditions qu’on connait, c’est-à-dire un jour du mois béni de ramadan.

 

Au mois de juillet, les résultats et l’atmosphère plutôt désolante dans laquelle le baccalauréat s’est tenu en disaient beaucoup sur la nouvelle forme d’obscurantisme qui sévit dans le système éducatif. Obscurantisme que tu combattais corps et âme lorsque tu servais comme professeur. Quelques semaines plus tard, l’indiscipline  fit des victimes au stade Demba Diop. Tout ceci me rappela qu’en 2008, suite au discours de Gamou de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, tu rédigeais une chronique titrée « Il faut laver ce pays là ! » . 9 ans plus tard, les prédilections d’Al Maktoum se concrétisaient, avec les meurtres à n’en plus finir. Je pris ma plume pour écrire « laver ce pays, pour un ressourcement purificateur », tout en espérant que les milliers d’internautes qui l’ont lu pourront se procurer l’énergie nécessaire pour donner du sens aux trois urgences : combattre la jalousie maladive, éloigner l’indiscipline des instances et tuer l’oisiveté. Aujourd’hui, c’est les injures qui servent de justificatifs face à l’incompétence des gouvernants. On nous sert ce qui est désigné par le coran comme étant le geste le plus ignoble qui soit : râler à tout-bout-de-champ comme l’aurait fait l’âne pardi !

Face aux inconvenances dictées par ceux là qui peinent à faire émerger ce pays, l’opposition se trouve comme perdue dans les dédales d’un combat qui ne dit pas son nom. Elle reste ce « bloc bloqué » que tu aimais à évoquer avec un ton d’humour. Les « flagrants délits » se multiplient : prise d’otage en la personne du maire de la capitale, expulsion du frère africain Kémi Séba, arrestations suite à des diffusions par des outils de messagerie privé et, pour couronner le tout, un recul spectaculaire de la démocratie, avec la tenue d’élections de la façon la plus injuste et la plus incompétente qui soit. Serigne Moustapha Sy, ce Responsable Moral que tu surnommas le Maitre du Verbe et de l’Esprit, a relancé son engin qu’est le PUR (Parti de l’Unité et du Rassemblement), afin que la justice, le développement et la solidarité soient les mots-maitre et les maitres-mot dans ce jeu de l’échec et de la stratégie. La chose la plus banale en matière d’engagement politique, et pourtant absente dans ce pays, est aujourd’hui la mieux pratiquée par les « purs » : la discipline.    

Quant aux adeptes de la haine et du commérage, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Un condisciple me confiait assez souvent : « Quand on a pour centre d’intérêt que le fait de dénigrer une personne sous prétexte qu’elle a commis quelque chose d’illicite, on méconnait le fait que l’on verse dans la chose la plus ridicule qui soit. Le Dieu que je connais, avec ses milliards de galaxies à gérer, est loin d’être quelqu’un qui n’a d’yeux que pour les réquisitoires. Cette personne peut, un soir, faire ses ablutions, prier le ciel de lui pardonner, et se voir, en plus d’un pardon, accordé par Dieu des privilèges immenses. Celui qui disait du mal d’elle rendra compte plus tard devant Dieu de son jugement… » Certains ont cru que « le piroguier » allait voir sa barque chavirer de la façon la plus tragique qui soit, d’autres que la disparition de « Pape Ndiaye » n’allait nullement « frappé » plus d’un. D’autres encore s’attendaient à voir l’étoile de Jupiter ne plus briller parce que partisans des complots médiatiques les plus sournois.

Que n’ai-je pas entendu ? Le « boy » que je suis à leurs yeux n’est pas l’auteur de ses chroniques, qu’on écrit pour lui. D’autres encore soutiennent que le combat pour l’honneur médiatique ne sera pas gagné. Bref, le ridicule ne tue plus. J’ai eu soudainement envie de dire à ceux-ci qu’ils ont parfaitement raison. Je n’ai jamais écrit quoique ce soit. C’est ma mémoire, affiliée à une source d’inspiration digne des enseignements de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, qui dicte mes moindres mots. Quant à mes maux, c’est mon âme étouffée par la franchise qui dit ce qui gène, pour ensuite l’oublier. Quant à ceux là, ils justifient le fait que je sois à la fois chroniqueur et « anti-presse » . Il faut évoluer dans l’univers médiatique pour se rendre compte de l’absurdité qui y règne. Un autre énergumène est allé plus loin, jugeant que le portail de l’honneur médiatique est un concept qui est loin d’être des fondateurs de Senpresse.com. Serigne Mounirou Sarr, cet érudit de la cour de Maodo, rétorquait : « Nos ennemis jurés sont parfois ceux qui nous ont vu réaliser ce qu’ils considéraient en silence comme leur propre rêve. »

Je te confie tout ceci avec l’esprit aussi limpide que celui d’un enfant. Aucune haine ne me ronge quand j’y pense. Il n’y a que mon esprit qui juge et illustre cela, pour te conter le fait que ce pays a vraiment besoin d’être lavé.  Jadis, ton homonyme, le vaillant Tamsir Ndiaye, s’était battu au point de croupir en prison sur ordre de l’autorité coloniale, pour que l’homme à la djellaba puisse jouir d’un engagement politique distingué avec le P.S.S qu’il avait crée (Parti de la Solidarité Sénégalaise). Hier, notre père faisait partie intégrante de ceux qui ont construit la mosquée d’Ababakar Sy (rta) à Tivaouane. Il y’a moins  d’une décennie, tu écrivais pour que l’on cerne le coté mythique de la personnalité de Serigne Moustapha Sy. Aujourd’hui, je suis celui qui se doit d’accomplir une noble mission : procéder à l’expansion de l’enseignement des sages de la Tijanya, mais aussi de ceux de toutes les confréries ainsi que des grands de l’islam,  en usant d’un geste à la fois rénovateur et sublime. Daouda, l’ainé, Habib, et les autres, veilleront sur mes moindres « faux pas » et n’hésiteront pas à corriger mes envolées juvéniles souvent exagérées, mais dignes. Je prie le ciel de nous accorder un jour ce paradis dans lequel nous pourront continuer à échanger sur « Islam & Négritude » d’Al Maktoum, ce magnifique discours que tu aimais à réciter. En attendant, ce même Al Maktoum, en Homme de Dieu avertit, nous a confié ceci : «  On ne franchit pas deux fois la porte du paradis. » Pour l’avoir, il me faudra donc passer par cet enfer que je suis entrain de subir, et de la façon la plus noble qui soit, puisque ma philosophie reste toujours la même : tout est parfait dans la vie. Les difficultés et autres déceptions portent une grâce immense, et je m’y plais. Elles contribuent à faire de moi un homme au vrai sens du terme.

Saches, au piroguier, que ta barque n’a point chaviré. Elle a juste disparu en haute mer, et refera surface un jour dans une autre sphère. En attendant, ton courage moral et ton savoir immense restent ce qu’on a retenu de toi « Papa Ndiaye ». Pour le reste, il est d’un domaine réservé qui n’a pour centre de rayonnement que l’action de l’ultime juge des juges.

 Repose en Paix Jupiter!

 

  Maam Cheikh

 

mardi, 12 septembre 2017 17:24

L'Oeuvre de Cheikh Saad Bouh Aidara

La tarikha Khadriya a connu une forte propagation en Afrique, particulièrement au Sénégal, grâce à Cheikh Saad-Bouh, qui repose aujourd’hui à Nimzath (Mauritanie), lieu que les fidèles du saint homme rallient pour y faire la Ziarra et fêter la Korité, marquant la fin du mois sacré de Ramadan.

 

Le wird (ordre) khadriya est un "chapelet" transmis du prophète Mohamed (PSL) à Cheikh Abdou Khadre Djeylani et de Cheikh Abdoul Khadre Djeylani à Cheikh Saad-Bouh, 31ème fils de Cheikh Mohamed Fadel et le 37ème petit-fils du prophète Mohamed (PSL). 

De par son attachement au Soufisme (courant mystique et ascétique de l'Islam), la confrérie Khadriya a élargi la base de l'Islam particulièrement au 12e siècle, qui a correspondu à la pénétration de cette confrérie en Afrique de l'Ouest. 

Prenant ses origines au Maghreb, cette confrérie propagée par ordre chronologique au Sahara, dans l'Adrar, Walata et à Tombouctou grâce à ses messagers, Oulémas et Cheikhs et des gens qui s'adonnent à leur commerce. 

Né à Odd en Mauritanie vers 1848 (vers 1262 de l'Hégire), Cheikh Saad-Bouh s'installe dans la région de Trarza. L'enseignement qu'il dispensa atteignit tous les niveaux, du primaire à l'universitaire, en 1284 de l'Hégire et il y eut une véritable ruée vers cet homme exceptionnel. 

Saad-Bouh Abihi est un nom prédestiné dont la signification est à la fois symbolique et chargée puisqu'elle traduit, "la joie d'un père". La joie de Cheikh Mohamed Fadel Ould Mamine qui, par la grâce d'Allah, a eu la chance d'être le père de cet homme à la dimension religieuse exceptionnelle. 

Avant la naissance du Cheikh, tous les grands érudits de l'époque avaient prédit la naissance de ce fils qui allait être la chance de son père. Cheikh Mohamed Fadel, dont la famille était la plus instruite dans cette partie de la Mauritanie, avait choisi de prier pour bénéficier de la grâce divine, afin que ce fils soit sa chance à lui. 

A la faveur d'un évènement heureux, les merveilles divines finirent par faire de Cheikh Mohamed Fadel, l'heureux père. La naissance de Saad-Bouh Abihi fut précédée par celle d'une jumelle, baptisée Souadou. 

Cheikh Saad-Bouh a été éduqué par son père, pour avoir perdu sa mère très tôt. Seulement, il n'a jamais eu de maître. Dieu lui a donné tout son savoir sans qu'il n'aille le chercher. La preuve que son intelligence, son savoir et son érudition constituent un don de Dieu. 

A l'âge de 7 ans, Dieu transmit à Saad-Bouh Abihi toutes ses connaissances du Saint Coran et son père lui donna le wird, marquant son affiliation à la Khadrya. Le fils commença à suivre les recommandations de son père sur le plan spirituel et sur le plan temporel jusqu'à l'âge de 10 ans. 

Sa zone d'influence fut ainsi l'Afrique de l'Ouest, où il marqua de son empreinte le rayonnement de l'Islam, par le biais de la tarikha. Il rétablit aussi le pont spirituel entre l'Afrique de l'Ouest et le Maghreb. 

Ces disciples qu'il prenait en charge entièrement s'attelèrent à la vulgarisation de la Khadrya, un flambeau que ses petits-fils, disséminés dans le continent, entretiennent jusqu'à présent. Cheikh Saad-Bouh est un saint, pourvu de dons prouvés de sa naissance à aujourd’hui. 

Il instruit et forme des néophytes. Ainsi a-t-il reçu des coins les plus reculés de l'Afrique occidentale française d'alors, des visiteurs en quête de savoir islamique. Ces visiteurs, qui ne savaient ni lire et écrire, ne pouvaient distinguer une génuflexion d'une prosternation, selon des fidèles. 

‘’Cheikhna leur donnait son enseignement mystique et sept jours après, ils repartaient parfaitement instruits et dignes d'être des cheikhs, conducteurs d'âmes”, poursuivent les mêmes sources. Outre les aspirants, il a élevé 313 érudits au titre de cheikh dans la Khadriya, dont des Sénégalais. 

Cheikh Saad-Bouh détient une influence certaine, presque toutes les localités du Sénégal. Parmi ses illustres disciples, il y a Cheikh Ahmadou Ndiaye (Loboudou), Cheikh Mamadou Ali (Digaane), Cheikh Déthialaw Seck (Ngourane), Cheikh Ibnou Arabi Ly (Thiès), Cheikh Cissè ''Boraba'' (Keur Samba Dia), Cheikh Youssou Bamar Guèye (Dakar), Cheikh Moussa Kamara (Gamgel), Cheikh Ahmadou Lo (Mbour), Cheikh Ibrahima Codou Seck (Tivaouane). 

Jeudi 12 juillet 1917, Cheikh Saad-Bouh s'éteignit. Cette date correspondait au 22ème jour du Ramadan de l’an 1335 de l'Hégire. Il fut enterré à Nimzath, où plusieurs dizaines de milliers de fidèles se rendent chaque année pour y effectuer la Ziarra, notamment vers la fin du Ramadan.

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