L'organisation de défense des droits de l'homme épingle la situation des droits humains et le manque d'indépendance de la justice à l'approche d'élections.

 

Sans équivoque et dès les premières lignes de ce rapport explosif publié mercredi 15 août et intitulé « Des paroles non suivies d'actes  », le Sénégal est pointé du doigt. « Le Sénégal doit faire de l'équité des procès une priorité, et immédiatement mettre un terme aux manœuvres d'intimidation et de harcèlement visant des dirigeants de l'opposition, ainsi qu'aux mesures de répression contre les dissidents, agissements qui ont pris de l'ampleur dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle de 2019 », écrivent les enquêteurs d'Amnesty International.

Ces cas avérés où l'instrumentalisation de la justice n'est pas loin

Au Sénégal, généralement cité en modèle de démocratie dans la région, l'organisation de défense des droits de l'homme révèle des « exemples de procès inéquitables », dont celui du maire de Dakar Khalifa Sall, candidat à la présidentielle de février 2019 face au président Macky Sall. Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour des détournements de fonds publics, Khalifa Sall, un dissident socialiste en détention provisoire depuis un an et demi, connaîtra le 30 août le verdict de son procès devant la cour d'appel de Dakar.

Amnesty International met également en exergue le cas de Karim Wade, ancien ministre et fils du président Abdoulaye Wade (2000-2012), condamné en mars 2015 à six ans de prison et également candidat déclaré à la prochaine présidentielle. À ce propos, l'organisation est catégorique, « son procès n'a pas respecté les normes internationales » car il ne prévoyait pas de possibilité d'appel, estime l'ONG. D'autres cas d'opposants sénégalais sont également cités, notamment celui de djihadistes présumés condamnés à l'issue de procès « inéquitables » après « une longue détention préventive et sans assistance de leurs avocats ».

De nombreux cas d'atteintes à la liberté d'expression et au droit de manifester

Autre cas, même pays et même gouvernement. En mai 2018, des étudiants manifestant contre des retards dans le versement des bourses au campus de l'université Gaston Berger à Saint-Louis se sont heurtés aux gendarmes. Fallou Sène, un des étudiants, a succombé à des blessures par balle. Là aussi, Amnesty International émet des doutes quant aux actions de la justice pour rétablir les responsabilités. « À ce jour, rien n'indique que le gouvernement fait le nécessaire afin d'établir les responsabilités concernant le recours excessif à la force et d'amener les auteurs présumés à rendre des comptes », analysent les auteurs du rapport. Pour justifier la répression récurrente de certaines manifestations, les autorités recourent à un décret promulgué sous Abdoulaye Wade, l'ancien président du Sénégal. Adopté en 2011, l'arrêté ministériel permet d'interdire toute manifestation dite politique pour « raisons de sécurité » dans des quartiers entiers de Dakar. Ce décret n'a jamais été abrogé sous Macky Sall.

Bien au contraire. Entre-temps, les autorités ont fait adopter un arsenal de lois qualifiées par Amnesty International de « liberticides ». L'exemple le plus probant reste le maintien de la disposition de l'article 80 stipulant le délit d'« insulte au chef de l'État par le biais d'un système informatique ». Ou encore le cas du nouveau Code de la presse qui voit l'arsenal répressif renforcé pour les délits de presse.

Une justice qui manque cruellement d'indépendance

Au-delà de ces cas particuliers, l'ONG pointe les incohérences du système judiciaire sénégalais. Le problème serait structurel. « L'indépendance de la justice et l'équité des procès ne peuvent être pleinement garanties dans un pays où le Conseil supérieur de la magistrature compte le président et le ministre de la Justice parmi ses membres », a déclaré François Patuel, spécialiste de l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International.

Une situation qui crée un climat de suspicions généralisé. « Il n'est pas surprenant que les procès visant des figures de l'opposition soient largement perçus comme étant motivés par des considérations politiques, et affaiblissent la confiance du public dans le système de justice. Si le Sénégal veut montrer aux États membres des Nations unies qu'il est déterminé à protéger et promouvoir les droits humains, alors il doit adopter certaines réformes cruciales concernant son système de justice. Cela implique de veiller à ce que les représentants des autorités judiciaires puissent exercer leurs fonctions de manière impartiale, indépendante et sans subir d'ingérence. »

L'organisation préconise au gouvernement sénégalais de modifier les lois relatives au Conseil supérieur de la magistrature et au statut des magistrats, afin que le président de la République et le ministre de la Justice se retirent du Conseil.

Rappelons que ce rapport intervient alors que doit se tenir en novembre prochain l'Examen périodique universel de ce pays par les Nations unies. Surtout que les avocats de Khalifa Sall, le maire de Dakar, ont promis de saisir le Comité des droits de l'homme des Nations unies afin d'internationaliser le débat. « Nous irons devant le Comité des droits de l'homme des Nations unies, et son groupe de travail sur la détention arbitraire. Khalifa Sall et ses coprévenus voient leurs droits violés en appel, comme en première instance. Khalifa Sall n'a pas non plus pu user de son droit à l'assistance d'un conseil, notamment lors de sa garde à vue, lorsque la police a refusé que Me El Hadji Diouf l'assiste, ce qui était un des motifs de la saisie de la Cédéao et a été sanctionné. Nous avons davantage de latitude que la juridiction communautaire, nous internationaliserons le débat », confiait au Point Afrique Maître Borso Pouye, avocate de l'Édile de Dakar.

Dans tous les cas, Amnesty avertit : « À l'approche des élections de 2019, le Sénégal doit garantir aux journalistes, aux leaders de l'opposition, aux contradicteurs du gouvernement et aux défenseurs des droits de l'homme leurs droits à la liberté d'expression et à organiser des manifestations pacifiques sans peur et sans répression », affirme François Patuel.

L'ONG a par ailleurs dénoncé dans un autre communiqué les arrestations récentes en Mauritanie de deux opposants et militants antiesclavagistes, Biram Ould Dah Ould Abeid et Abdallahi Ould Housseine, et de deux journalistes, Babacar Ndiaye et Mahmoudi Ould Saibout. Dans ce pays, où le président Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien général, est arrivé au pouvoir par un coup d'État en 2008 avant d'être élu en 2009 puis réélu en 2014, des élections sont prévues le mois prochain. « Ces arrestations et détentions constituent les pires signaux d'intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes à l'approche des élections législatives, régionales et locales du 1er septembre », conclut François Patuel, co-auteur du rapport.

 

Afrique Le Point

vendredi, 17 ao04t 2018 15:46

OUSMANE SONKO-Interview Avec BBC (Vidéo)

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vendredi, 17 ao04t 2018 15:32

REFLEXIONS: Les Exigences de La Nature Profonde

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Dans son discours intitulé L’Islam & Le Monde, Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy déclare : « L’homme n’est autre qu’élément de synthèse, et l’humilité reste non seulement le fondement, mais aussi la signification de sa grandeur. » Une façon assez profonde chez le tribun de Tivaouane d’anticiper sur ce qui donne un sens à la dignité humaine.

 Création promue au rang de digne représentant de Dieu sur terre, l’homme est élément de synthèse, c’est-à-dire la résultante d’un ensemble de dispositions physico-cérébrales. «  C’est l’âme, avec son inclination au sacré, c’est l’intelligence, avec sa soif de découverte, c’est l’esprit, avec ses ressources inépuisables, c’est la passion, plongée dans une perpétuelle quête d’approfondissement et de divertissement c’est le corps, avec son légitime besoin d’aliments nutritifs, , et c’est enfin l’homme, instrument de mesure qui est là pour en assurer équitablement la répartition, sinon tout devient obscur dans le plus obscur des mondes », énumère t-il dans le même discours, histoire d’hiérarchiser les éléments à équilibrer afin de mériter le nom d’Homme.     

Tout ceci illustre encore une fois la réaction de la communauté des archanges, réaction contée depuis toujours comme une forme de contestation. Et depuis, les adeptes d’histoires saintes ne cessent de remuer ciel et terre pour résoudre une énigme : comment une créature tout aussi dévouée et soumise à l’image d’un ange peut-elle interpeller le créateur suite à une mesure prise ? Ecoutons Serigne Moustapha Sy de Tivaouane, chef spirituel des Moustarchidines : « La dernière génération d’anges a été façonnée avec un esprit qui avoisine celle de l’être humain (mine nafsil bachar). Ses exécutions d‘ordre sont souvent précédées de contestations ou d’interpellations de toutes sortes. Rien à voir avec la première qui, elle, n’a d’yeux que pour une soumission peinte d’un mutisme symbolique, car créée avec tout ce qu’il faut pour cela (mine nafsil malak). » Et Al Maktoum de justifier la démarche du Dieu du ciel et de la terre : « C’est effectivement un moyen et une occasion pour ce Dieu tombé du ciel de redevenir ici bas le favori de la compétition inter-universelle.» 

La dignité humaine fait appel à l’usage d’éléments sans lesquels le statut de vicaire-au sens organique du terme-se perd dans les dédales d’une vie sans rendement. Et c’est là le péché de ceux qui ne prennent nullement la peine d’équilibrer les éléments enfouis dans le tréfonds de leur nature profonde. Comportement plutôt inquiétant que souligna  l’homme à la djellaba, dans son discours du Gamou de Tivaouane en 2007 : Pour lui, le ciel a tendance à « mettre en faillite » ceux qui daignent s’adonner à cette obligation. « A défaut d’oublier le seigneur, c’est plutôt ce dernier qui nous plonge dans un état qui fait que l’on s’oublie soi-même. », confie t-il. C’est là le comportement routinier qui peint la vie de ceux qui peinent à prendre le temps de réfléchir sur ce qui justifie leur présence sur terre.

Pourtant quatre années plutôt, le même contexte-toujours la nuit du Mawlid-avait fait l’objet de l’exposition du même sujet par l’auteur de Fa Ileyka. Cette fois-ci, il cita l’âme (rouh), élément voué à l’adoption des vertus héritées des grands missionnaires. Pour que le sujet échappe au destin tragique de « victime de la prière », rien de mieux que d’associer le rituel à l’incarnation de ces vertus. Lintuition (fitra), citée en rempart pour l’homme, prévient toute forme de dérive de l’âme avec pour orientation des tendances qui prennent une voie autre que celle tracée par le divin. C’est là que se situe le centre d’attraction privilégié par les Hommes de Dieu, afin de sauver leurs prochains. Et c’est aussi ce qui justifie le mérite du Khalife Ababakar Sy (rta), qui cite son père en exemple : « J’ai appris à mes disciples à connaitre et à suivre l’éternel, et j’ai marché sans trébucher sur le chemin tracé par mon père feu Seydil Hadj Malick Sy (rta). »

La conscience (al wàaye), représente ici, selon Al Maktoum, l’instrument qui veille sur les engagements du croyant. On ne prête pas allégeance sans pour autant avoir une attention particulière sur ce qui permet de parfaire l’élément réceptif qu’est sa foi. Et le fameux Zàkira (élément de rappel), sert ici d’acolyte à la conscience. Et les mystiques de réinterpréter la fameuse formule selon laquelle le Zikr en tant que rappel procure de la quiétude au croyant ! Pour eux, c’est plutôt un péché que de se rappeler du divin, parce qu’il ne fallait nullement l’oublier pardi ! On ne se rappelle que de ce dont on a oublié, ne serait-ce que pour de minimes fractions de secondes. 

Al Aql (intellect), est ce qu’il y’a de plus apte pour poser des problèmes. Là aussi, une logique conçoit qu’Il n’y a que dans la langue de Molière que le vocable « intellectuel » existe. Et encore qu’il désigne communément un apprenant, même sévissant sous le joug de ce que le coran appelle ignorance des savants. Sacré spéculation ! L’essentiel, c’est qu’il soit conçu comme le seul élément qui serve à l’être humain, afin qu’il puisse » trouver une forme à tout fond », pour reprendre les propos d’Al Maktoum. Avec pour allié la logique (mantiq), il est de tradition que les anomalies dans ce domaine ont fait reprendre la plume à l’homme du 15 mars durant l’année 1994, afin de rédiger sa fameuse lettre qui intimida plus d’un : Crise de Logique

Al Amal (action), c’est ce qui caractérise chez l’individu la volonté d’agir. A ce stade, réécoutons Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy, face à son auditoire du gamou en 2003, en universaliste imbu d’un pouvoir d’interprétation des phénomènes inouï, djellaba noir, gestuelle mesurée, verbe maitrisé, voix à la fois étouffée par un rhume et associée à un timbre qui raisonne encore dans la mémoire de ses conditionnels  : « Il y’a lieu de préciser que l’action doit avoir pour aboutissement un résultat. Et dans ce domaine précis, l’homme d’action n’a rien à voir avec l’activiste. Celui-ci se focalise sur des valeurs,  avec l’âme comme instrument de mesure des actes posés, alors que celui là est plutôt tourné vers des tendances. » Voila toute la différence, qui rappelle d’ailleurs l’une de ses interpellations, pleine d’humour et de sens : « Il y’a les hommes d’affaires, mais aussi les hommes affairés, c’est-à-dire ceux là qui, lorsqu’ils vous croisent, sac à la main et front en sueur, auront du mal à vous dire concrètement où ils vont. »  

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

 

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