«  La religion en tant que source de grâce, la religion en tant qu’attitude de la créature à l’égard de son créateur, attitude à la fois raisonnable et raisonnée, la religion en tant que comportement social, puisqu’elle est les trois à la fois, mérite de notre part beaucoup plus d’attention », confie le Tribun de Tivaouane. Une façon assez simple pour Serigne Cheikh Tidiane Sy d’hiérarchiser les dimensions de la religion de Mahomet (psl), celles là qui font que l’on mérite le nom de musulman.

Chez nous, la chose religieuse a finit de verser dans une forme d’adoration parfois dépourvue de lucidité. Quoi de plus inquiétant que de se soumettre à  l’adoration d’une chose que l’on ne connait point à fond ? Au Sénégal, la pratique religieuse a finit de fleureter avec des tendances folkloriques. Même l’histoire sainte est contée avec une logique caricaturale. Heureusement que des guides ont su, de par leurs confréries respectives et un engagement des plus spirituels, enseigner ce qu’il y’a de plus essentiel pour le croyant. Un disciple mouride confie : « Le vénéré Khadimou Rassoul (rta) a toujours soutenu que prier tout en méconnaissant les actes obligatoires et surérogatoires de la prière a pour signification le néant. »

La religion est source de grâce, et le comble pour un croyant, c’est de tenter de trouver là où celle-ci prend place. La grâce divine est aussi bien dans les mosquées que dans les sphères ou l’on commet des actes surérogatoires, c’est-à-dire des choses utiles, raisonnables et justes pour le bien de la communauté. Salomon aimait à prononcer la fameuse formule : « Au nom de Dieu, dont la grâce se trouve déposée aussi bien dans l’infiniment petit que dans l’infiniment grand. » Ce qui signifie indubitablement que le sectarisme commence là ou l’on  tente d’attribuer les bienfaits du très haut à une quelconque lignée ou à une place précise. Ce serait méconnaitre le ciel que de croire qu’il  agirait de la sorte. « La reine d’Angleterre, le champion olympique et la dame vivant de la vente de cacahuètes dans un coin du quartier sont tous nés de la même façon  », rétorque Al Maktoum. S’abreuver de cette source de grâce, c’est surtout prendre conscience de la nécessité de s’adonner corps, âme, esprit, intellect et cœur à…Dieu ! Ces différentes facultés, indépendantes, autonomes et contradictoires, méritent une attention particulière du croyant.

L’attitude de la créature à l’égard de son créateur, cette autre facette de la religion, est ce qui donne à la spiritualité tout son sens. Ce « Dieu en nous », comme aime à l’évoquer le discours philosophique, est sans nul doute la dimension la plus symbolique du Zikr en tant que rappel. Le très commenté verset coranique « Lis, au nom de Dieu » a été interprété par Serigne Cheikh Tidiane Sy en ces termes : « Lire est synonyme d’apprentissage ici. Seulement, il n’y a pas que la quête du savoir qui se doit d’être faite au nom du divin. L’esprit de ce verset stipule que tout ce que le croyant accomplit doit l’être au nom de Dieu. » C’est la fameuse « sacralisation des actes quotidiens », pour ceux qui ont été nourris à la sève de la philosophie d’Al Maktoum !

La religion a une dimension sociale, et la rappeler signifie une forme de dénonciation des comportements allant dans le sens de tuer ces principes qui se nomment solidarité, respect ou encore empathie. Le ciel l’a si bien illustré dans le dernier verset de la sourate la Victoire, en soutenant que les compagnons du Prophète doivent être durs avec les mécréants et compatissants envers eux-mêmes. Entendons par « le coté dur » cette force de caractère qui fait que le mécréant ne puisse nullement bafouer la foi d’un musulman, et la compassion cette formule prophétique : «Est musulman celui qui ne nuit nullement à son frère en foi, aussi bien par son verbe que ses actes. » Cela n’a rien à voir avec les tendances terroristes qui veulent que tout mécréant ou adepte d’une autre religion soit tué, ou encore que l’on prie constamment tout en restant un adepte de la jalousie ou de la haine. Seigneur, toi qui nous a crée, procure trois choses à ce pays :

Fait que notre jeune puisse être accepté

Que la grâce qui en découlera puisse arroser les graines de bonté qui germent dans nos cœurs

Tout en négligeant toute forme de vicissitude qui s’y trouve, afin qu’elle meurt !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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