C’est le portrait d’un natif de Sérignac-sur-Garonne en France, présent chez nous depuis 27 ans. Un P.D.G élevé au grade de commandeur de la légion d’honneur au Sénégal en 2001 qui, un jour, manqua de respect, et de la façon la plus flagrante qui soit, à son premier collaborateur, en l’occurrence le Chef de l’état. L’on se rappelle de son attitude qui fleuretait avec un mépris doublé d’un manque de respect inadmissible lorsqu’il cria, dans le cadre du forum organisé par le patronat marocain sur l’investissement : « Macky ! Ca va ? » Voila Gerard Senac ! Comme quoi, la légèreté dangereuse, cette anomalie que les adeptes de la spiritualité considèrent comme étant à l’origine de toutes les vicissitudes de notre temps, a aussi sa place dans le monde du management et de la gestion des entreprises.

 il n’y a que les grands missionnaires qui savent faire montre d’un respect doublé d’une courtoisie mesurée. Mais une attitude comme la sienne ne peut que témoigner de la personnalité de l’homme : un patron-pour ne pas dire leader, ce mot exigeant l’adoption de forces psychologiques remarquables-dont la personnalité témoigne d’une légèreté en termes de gestion et de suivi des projets qui lui sont confiés. Chevalier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du lion, chevalier de l'ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, commandeur de l'ordre des arts et des lettres, ordre souverain de malte de la croix de commandeur « pro Merito Melitensi » et, pour couronner le tout, officier de l'ordre National du Mérite, comme s’il méritait les privilèges accordés par l’état dans le cadre de la présence d’Eiffage chez nous.

C’est le récit tragique d’un génie de l’art musical dont le langage corporel et l’articulation des mélodies avaient fini de s’imposer chez nous. Un confrère de la presse, imbu de la musique du groupe Gelongal, raconte : « Quand sa voix retentissait, elle faisait à la fois vibrer le cœur du peul, fendre la bouche du mankagne et esquisser des pas de danses à la jeune fille mandingue ou diola. » Comme quoi, la passion et le dévouement furent les mots maitres symboles de la carrière de Papis Gelongal,  et ceci jusqu’à ce que la faucheuse frappe fort, dans des conditions qui méritent de crier haut et fort : « Oui pour une collaboration avec la France, sauf que nous ne voulons pas de cette France là ! »

 Pourquoi repeindre les portraits des deux hommes ? Leurs destins ne se sont peut être pas croisés, mais il faut oser avouer qu’Eiffage, société  dont la direction est assurée par Gerard Senac au Sénégal, est comme responsable de ce qui est arrivé. Dans ce domaine précis, nos rapports avec les gens de l’autre coté de la péninsule doivent être revus ? Nous sommes loin de « vauter », comme pour reprendre ce verbe crée de toutes pièces par la publicité pour à la fois vendre des fromages et promouvoir une forme de pensée que le Général de Gaule à laisser comme concept.

 « La France, qui avait l’habitude de nous envoyer de grands missionnaires, ne nous envoie plus que de simples salariés », rétorquait assez souvent Serigne Babacar Sy (rta) de Tivaouane, s’insurgeant ainsi dans un débat qui reste d’actualité. Nos dirigeants, dépourvus à la fois de patriotisme et d’intégrité au sens économique du terme, préfèrent confier les missions les plus prestigieuses qui puissent contribuer au développement à des étrangers qui n’ont d’yeux que pour le profit, et loin de convoiter les valeurs à saluer dans ce domaine.

Ousmane Sembene, en génie du septième art et de la profonde réflexion, laissa cette prophétie à la conscience universelle lors de sa dernière interview: « Le colonialisme animé d’une tendance hégémonique est beaucoup plus acceptable que ce qui se passe présentement. Avant, c’était nos terres qui étaient occupées. Aujourd’hui, ce sont nos consciences qui le sont. » Il s’agit là d’une « chose » qui sévit toujours en afrique francophone. Chez nous, elle fait qu’un chef d’état peine à réaliser des actes concrets parce qu’évoluant sous le joug de la présence de l’étranger dont les insuffisances risquent de faire payer tout un peuple.

Eiffage Sénégal, celle là qui nous avait promis une sorte de « jaillissement de lumière » comme pour évoquer des avancées considérables dans le domaine de l’électricité, peine toujours à éclairer et sécuriser une autoroute dont la chérté du cout du passage et l’obscurité sont d’actualité. L’on se rappelle, il y’a trois années, de Gora Thiam, ce commerçant victime du même sort que Papis Gelongal, parce que mort d’un accident sur l’autoroute à péage. Il avait, en effet, heurté une vache dans une partie non électrifiée de l’autoroute à péage.

Gérard Senac n’avait t-il pas dégagé en touche toute défaillance mettant en cause la responsabilité d’Eiffage ? Qui est il pour pouvoir toujours sortir vainqueur des « cafouillages » les plus injustes dans lesquels s’engouffre son entreprise ? Quoi de plus calomnieux que de faire payer 112.000 de nos francs pour une remorque, une sortie de l’autoroute et un acheminement de la voiture de l’artiste chez lui, alors que l’on sait que son décès remet en cause la négligence de ceux qui gèrent cette autoroute ? Espérons que l’état du Sénégal pourra nous élucider face à cette situation tout aussi révoltante. Le ridicule ne tue plus chez nous, mais la légèreté et l’incompétence, elles, font des victimes. Que la terre soit légère au regretté Papis Gelongal !

 

Maam Cheikh

Chroniqueur

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