Nelson Mandela, légende vivante de « la nation de l’arc-en-ciel », confie : « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde. » Une conception qui a su depuis toujours inspirer des pionniers, ceux là qui veulent faire de la formation d’élites un détonateur des plus redoutables. Chez nous, elle est maniée depuis des décennies par tout un système qui peine à donner un sens à sa puissance. Quoi de plus inquiétant que de confier une arme tant convoitée à un impénitent du far West qui tire comme bon lui semble, peine à toucher sa cible, mais daigne abandonner ou confier la chose ?

« Il est de tradition que quand on ne sait où l’on va, l’on doit rebrousser chemin pour retourner à notre point de départ », nous dit le dicton wolof. La prophétie, elle, est d’un sage de chez nous, et suppose : « Le fait de retourner d’où l’on vient n’a de sens que si l’on rompt avec ce qui fait que l’on se sent perdu. » Comme quoi, cette forme de myopie qui empêche ceux qui veulent mener le système éducatif de faire face aux réalités se doit d’être guérit.

C’est l’histoire de Jean Dard, jeune instituteur français  de 28 ans qui fit un geste plus que symbolique pour un enfant de la douce France en Afrique. En effet, à l’heure ou le retentissement des canons était synonyme de tendances hégémoniques de l’ère coloniale, le jeune prodige fut le premier à construire une école au Sénégal. Les conservateurs parleront là d’un désir de vouloir « enseigner la culture occidentale à des fins impérialistes ». Mais l’essentiel, c’est qu’il y ait culture, d’autant plus que la destinée de nos enfants alphabétisés n’est plus entre leurs mains.

Jean Dard a inventé « une école au Sénégal », et non « l’école sénégalaise. » Celle-ci résulte d’un désir d’édifier une citadelle de l’éducation alors que celle là devrait être le centre de rayonnement de ceux qui évoluent dans un cercle tout aussi vicieux : l’état, les enseignants et les élèves. L’urgence devrait être une nécessité de « façonner des hommes de culture », c’est-à-dire des adeptes du savoir, de la discipline et de l’évolution, et non de simples produits d’un système avec pour soubassement un scepticisme ambiant, histoire de reprendre le concept d’un philosophe de la trempe de Souleymane Bachir Diagne.

 Les mesures prises ne permettent point d’éduquer, et au rythme ou vont les choses, le fait d’enseigner de façon convenable est comme bannie. A qui la faute ? Un jeune activiste et chroniqueur passionné de causes citoyennes aime à se lamenter : « tant que l’on mise sur le fait d’élever à défaut d’éduquer, l’on se perdra éternellement dans les dédales de la crise en question.» Comme quoi même les mots pèsent lourds dans ce domaine précis.

Interrogé sur la nécessité de donner son avis sur la crise en question, un enseignant sénégalais affirme : « Le scénario est plus que décevant. II s’illustre à l’image d’un jeu du chat et de la souris, avec pour concernés et les enseignants et les gouvernants. Les 40% alloués à l’éducation couvrent l’investissement dans les charges liées à l’édification d’écoles et de toute la logistique qui va avec, et non aux enseignants. Même l’opinion publique peine à cerner une telle approche, et ne cesse de condamner les grèves à répétition. » En peignant les conditions difficiles liées à l’exercice de leur noble métier, il rétorque: « A Saboya, non loin de la frontière gambienne, village ou  je servis en tant qu’enseignant pendant  une décennie, il m’arrivait d’alterner voyage en charrette et traversée d’eaux pour rejoindre les lieux de tenues d’animations pédagogiques. »  A cela s’ajoute un cadre de contestation à l’atmosphère décevant. Et notre enseignant de s’insurger: « La lutte syndicale a à sa tète des personnes qui ont finis de bannir l’intérêt commun au détriment de leurs propres avantages. Toute forme de noblesse en matière de cause syndicale liée à l’enseignement est comme révolue. Je n’abandonnerai point ma classe de CM2 pour une lutte dépourvue de toute forme de contestation sérieuse. »

Il faut être désorienté au point de souhaiter une année scolaire blanche au régime actuel, et ceci pour justifier des ambitions aux élans de politique politicienne. A quoi bon vouloir faire subir un tel préjudice à l’état avec pour victime nos enfants ? Aussi Il y’a un impératif qui va au delà du fait d’attribuer à la solution ainsi trouvée une tendance à la cacophonie, notamment en précisant que cela est venue de la première dame ou encore que le rôle joué par le chef de l’état est aussi capital, c’est de prendre conscience d’un fait : une année scolaire à été sauvée de justesse et non un système éducatif. Système qui ploie toujours sous le truchement d’un programme s’inspirant d’une inertie totale en termes d’évolution, d’un niveau des enseignants qui ne cesse de s’affaisser, de la lutte contre des phénomènes tel l’usage du tabac à l’école…

Et si Serigne Mbaye Thiam prenait ses responsabilités en se prononçant convenablement sur « le prolongement de la concrétisation des promesses faites ? » Et si, à défaut d’y parvenir, il s’emparait de la sagesse de démissionner ?  Ah ! Qu’il fut nostalgique de son passé d’élève du prytanée militaire, au point même de l’affirmer, à la dernière célébration de la fête de l’indépendance au Sénégal ! En attendant, ceux qui en veulent à ce « système scolaire de la honte » ne sont nostalgiques que d’une chose : c’est de revoir l’école sénégalaise retrouver sa valeur d’antan. Cela fait 201 ans que l’on alphabétise des générations pardi !      

 

Maam Cheikh

chroniqueur

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