Le gardien du temple s’en est allé ! La fameuse formule qui fait fie d’une répétition de l’histoire a prit forme dans le fief de Mawdo. 2017 a su être le théâtre de « pertes » tout aussi mythiques à Tivaouane, avec le soixantenaire des disparitions d’Ababakar Sy (rta) et d’El Hadj Mansour Sy (rta). A cela s’ajoute ce fameux 15 mars que la conscience collective est loin d’oublier, avec l’annonce de la disparition du Tribun de Tivaouane, suivie 6 mois après de celle d’Al Amine.

Les grands de la Tijanya ont toujours su entrevoir avec une psychologie profonde le cachet que revêt la répétition de l’histoire. Les néophytes et autres « anti-confrériques » auraient évoqué un pur hasard. Ils ignorent que leur démarche frôle une sorte de contradiction destinée à accréditer à une volonté divine une sorte de supputation. Et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy de rétorquer à un athée originaire d’occident prônant que tout est du au hasard : « Le hasard est une épithète parmis tant d’autres. Si vous faites appel à lui, c’est plutôt la volonté de Dieu qui vous répond. »

D’abord, cette volonté divine a fait de sorte que la lignée des prophètes ait ceci de particulier : qu’elle n’ait fait l’objet d’une succession « père-fils » qu’a partir de la venue d’Abraham. Le coran cite Adam, Noé, avant d’évoquer le fameux «  Wa Aala’ Ibrahim ». Et qu’en est-il des saints de la confrérie d’Aboul Abass Ahmada Tijany (rta), si ce n’est qu’après lui et El Hadj Omar Tall (psl), une succession « père-fils » a vu le jour avec Mawdo (psl) ?  L’Homme à la djellaba évoque cette réalité en citant un consensus qui est loin d’être du domaine des esprits rachitiques? Un guide religieux de la cour d’Ababakar Sy a su répondre juste face à la cacophonie : «  Le gouvernement sénégalais a évoqué récemment un remaniement. Nul n’a osé interpeller le Chef de l’Etat pour être informé des personnes désignées, jugeant préférable d’attendre que l’Etat communique sur cela. Pourquoi ne pas en faire autant avec les familles religieuses ? »

Par la suite, cette même volonté divine a fait que les Grands disciples de Cheikh Ahmed Tijany (rta), à l’image d’El Hadj Ibrahima Niasse (rta), de Serigne Abass Sall (rta), d’El Hadj Omar Tall (rta)  ou encore d’El Hadj Malick Sy (rta) soient des princes de la sainteté. Tous ont contribué de la meilleure façon qui soit au rayonnement de l’islam. Le Mystique de Nguick a su pérenniser l’œuvre d’Aboul Abass, l’Anti-Sultan du Fouta a pu répandre l’islam en Afrique de l’Ouest, l’Inconnu de la Nation Sénégalaise a, quant à lui, permis à tout croyant d’être imbu de la profonde doctrine prophétique.

Se rappelant sa dernière rencontre avec Baye Niasse, Al Amine confia à ses disciples, à l’occasion de sa dernière contribution aux  journées dédiées au Sceau de la Sainteté : « Couché sur un lit, un pagne peint de motifs africains en guise de couverture, il me prédit l’intégralité des événements qui allaient se passer dans ce pays, ainsi que les défis qui seront à l’ordre du jour. Il me proposa de choisir comme allié face aux épreuves Cheikh Ahmed Tidiane Niasse, de ne point frôler la peur, et de m’armer d’un courage inouï.  »  

 Enfin la volonté divine a contribué à faire de sorte que la grandeur des anciens peigne le geste de nos contemporains. Al Maktoum se lamentait assez souvent : « En matière d’invocation, nous maitrisons parfaitement ce qui peut aider le croyant à voir ses vœux se réaliser par la grâce divine. Mais il faut le dire tout de suite : chez nous, les gens préfèrent les manigances du charlatan aux prières du religieux. » Imam Cha’fi i avait toujours préféré, dans ce domaine précis, laisser ceux qui ne pouvaient nullement rester trois jours sans aller voir un voyant, faire cet acte afin de se réconcilier avec eux-mêmes. Pour lui, il s’agissait de « simples d’esprit » qui ne méritaient point le soutien qu’il fallait, psychologiquement parlant, pour se tirer d’affaire.

 Chez nous, les impénitents préfèrent toujours prôner une philosophie tendant à accorder aux précurseurs des confréries du Sénégal une posture assez mythique, tout en considérant leurs héritiers de ce siècle comme étant moins aptes à pouvoir enfourcher le cap de vicaire. Tant s’en faut. C’est cette noblesse à la grandeur incommensurable identifiée chez le Grand Cheikh Ahmad Tijany (rta) qui se distingue également dans le geste délicat d’Al Maktoum. Il n’y a que les époques et les sphères qui ont changé. La conception faite d’une confrérie reste la même. La précision est d’Al Maktoum. L’auteur de «  Fa ileyka », ce poème qu’aimait à chanter le légendaire Mbaye Dondé avec la voix sublime qu’on lui connait, nous confie : « Les confréries sont des clubs mystiques ou se forment continuellement les athlètes de la religion. »  Que le ciel fasse que chaque athlète pusse à jamais rester rigide face aux épreuves, et que sa grâce puisse à jamais servir de lanterne pour éclairer l’œuvre des saints de la Tijaniya, et partant, de toute la Oummah islamique !   

 

Maam Cheikh

 

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