Chez nous, il persiste un phénomène qui fait que la république se doit d’être réinventée, parce que nullement associée à des principes nobles. Les défis que nos dirigeants devraient relever demeurent urgents, et le temps assez restreint pour que l’on fasse de la politique politicienne un tremplin.   

El Hadj Ibrahima Sall écrit : « La société sénégalaise est anémiée de vertus et frappée  d’ischémie morale. » Quoi de plus signifiant et de plus juste pour définir les maux dont souffre le Sénégal? Il faut être un homme de culture pour pouvoir procéder à un diagnostique aussi profond. Diagnostique qui en dit beaucoup sur les tares de l’évolution de notre société. Il faut être l’auteur d’un ouvrage aussi engagé que « demain, la république » pour pouvoir  peindre notre société de la sorte.

La raison première, selon lui, tiendrait au fait que l’école s’est métamorphosée pour devenir l’image quasi-parfaite de cette société en déliquescence. Et la seule déliquescence qui vaille ici est celle des valeurs. Le règne actuel des théories sans fondement, des discours sans souplesse et des écrits sans profondeur trouve sa source dans un mal, celui là qui fait que le sens de la culture soit travesti. Il ne s’agit plus de mettre en exergue des valeurs mais de simples accumulations de connaissances. Et par là, la communication devient ce détonateur dont Albert Einstein prédisait l’explosion pardi ! Et Sidi Ibrahim Rayahi de procéder à une alerte : « la formule qui fera exploser ce monde sera moins militaire qu’on le croit. » Dans notre pays, elle s’identifie au fait de promouvoir des anti-valeurs.

«  Chez nous, l’indiscipline est naturelle», se plaint un penseur sénégalais. L’auteur et professeur d’économie et de finances évoque un incivisme qui a son lot quotidien de scènes qui, à force de se répéter, tombent dans la banalité. Même les « hautes instances » ne sont pas épargnées. «  Des ministres de la république qui commettent des agressions, des députés qui ne respectent pas la loi, des magistrats qui tordent la main à la justice, les plus hautes autorités qui violent les textes fondamentaux », se lamente t-il dans ses écrits. Qu’ont en commun toutes ces personnalités au point de commettre ces bavures ? Un gout effréné pour la tricherie. Le mérite ? Arriver à « tromper son monde » en faisant mine d’incarner ce qu’on n’est pas. En matière de rhétorique,  le sénégalais est passé maitre dans l’art de séduire tel Moise. Mais il suffit qu’il agisse pour que l’on entrevoie à travers son geste le cachet d’un homme aussi redoutable que le pharaon en personne ! 

Le pouvoir doit être affilié à un sens de responsabilité. Mais pour un « possédé du pouvoir », il convient de désigner cela par une autre épithète. Il est temps que notre pays soit épargné des vicissitudes qui gangrènent sa société. Pour cela, force est de reconnaitre que seul un acte concret est en mesure d’aider à réaliser cela, et non un verbiage sans rendement et une cacophonie exécrable. Cela devrait passer par la mise en exergue de la vérité et du bon sens, et l’entame d’une guerre sans merci contre l’impudeur et l’indignité. Ceci devrait être considéré comme un sacerdoce aussi bien par les tenants du pouvoir que par ceux qui évoluent dans les bleds les plus reculés du pays.

 Mahatma Ghandi avait raison de dire que le changement s’incarne. C’est donc cette fameuse « objectiver la subjectivité et subjectiver l’objectivité » de Tere de Zardin qui devrait faire l’affaire. Pour se soustraire donc de cette anomalie qui fait que notre cadre de vie soit devenu moralement pollué, l’auteur théorise l’exemplarité morale : dire ce que l’on pense et agir en fonction de ce que l’on dit. Il suffit d’y associer une pédagogie de la vertu, assez noble pour ne pas s’attarder sur l’élégance des mots, mais plutôt sur l’acte. Méditons sur cette prophétie du Tribun de Tivaouane, l’éminent penseur Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum : « Notre pays me confiait récemment : J’ai la nostalgie de ce que j’étais et que j’ai cessé d’être depuis la programmation par le Parti de la chute de tout ce que l’on peut appeler une valeur...je veux redevenir un pays digne et noble, loin des rumeurs et des mensonges (...) je veux redevenir un pays bon, solide, courageux, authentique, plein d’énergie, ne confondant point le sursaut d’une vaillante jeunesse aux sautillements d’un singe ivre de cognac. Je veux redevenir moi-même : un Sénégal fier et confiant. »

Maam Cheikh    

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